17.03.2009
Crédit à la consommation
Crédit à la consommation : les associations déçues par le projet de Lagarde

Comme elle l'avait annoncé, Christine Lagarde a présenté, lundi 16 mars, son plan destiné à encadrer le crédit à la consommation — notamment la publicité et les conditions de souscription — pour mieux protéger les emprunteurs.
"C'est un projet de loi qui vise à responsabiliser le prêteur", a déclaré la ministre de l'économie lors d'une conférence de presse, au terme d'une réunion avec les associations de consommateurs. Le projet vise plus particulièrement le crédit renouvelable ou "revolving", une enveloppe de crédit qui se renouvelle, dans la limite du plafond fixé, au fil des remboursements. Le capital emprunté dans le cadre de ces crédits revolving devra être remboursé en partie chaque mois et la durée de remboursement restante devra être précisée. La commission bancaire verra son rôle élargi pour devenir "le gendarme du crédit à la consommation", a dit Christine Lagarde.
Autre mesure phare du projet : pour éviter que des ménages ne contractent des crédits qu'ils ne pourront rembourser, les établissements de crédit devront vérifier leur solvabilité et consulter le fichier FICP des incidents de remboursement. En cas d'entorse à la règle, les établissements seront passibles de sanctions civiles et pénales et de déchéance du droit à percevoir des intérêts.
L'avant-projet de loi, qui devrait être présenté en Conseil des ministres le 15 avril, prévoit également d'imposer, dans toutes les publicités relatives à un crédit la mention légale : "Un crédit vous engage et doit être remboursé." Une formule assimilée à un "gadget" par Cédric Musso, directeur adjoint des études et de la communication de l'association UFC-Que choisir, qui réclame que le gouvernement s'attaque en profondeur au véritable problème : la généralisation du crédit revolving.
A l'association française des usagers bancaires (AFUB), la décéption est palpable. Pour Serge Maître, porte-parole et secrétaire général de l'association, il s'agit d'une "réforme à minima" qui ne permettra ni de lutter contre "l'argent cher" ni contre "l'argent facile."
Le Haut Commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, est allé dans le sens des associations, jugeant que "la fidélité ce n'est pas la soumission". "Il faudra convaincre la distribution que ce n'est pas aller à l'encontre de la consommation", a-t-il déclaré. Christine Lagarde a précisé que la consultation des associations de consommateurs "va nous amener sans doute à peaufiner, à améliorer un peu le texte".
08:56 Ecrit par EUROBERBERE dans Crédit à la consommation | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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