24.09.2009
Bruxelles
Vol en plein jour d'un tableau de Magritte dans un musée à Bruxelles
Deux hommes se sont emparés jeudi en plein jour d'un tableau du peintre surréaliste belge René Magritte dans un musée à Bruxelles, dernière exemple en date d'une longue série de vols de ce type qui illustre l'audace croissante des malfaiteurs.
"Olympia", tableau de 60 X 80 cm peint par Magritte en 1948, a une valeur se situant de 750.000 à 3 millions d'euros, selon les estimations.
"Deux individus, dont l'un de type asiatique, parlant l'un l'anglais et l'autre le français, ont fait irruption, armés d'un pistolet, dans le musée peu après son ouverture", à 10H00, a précisé à l'AFP André Garitte, le conservateur du Musée René Magritte.
Ce musée est situé dans une maison de Jette, dans la banlieue nord de Bruxelles, où Magritte a habité de 1930 à 1954. Il est distinct du grand musée Magritte inauguré en juin dans le centre de la capitale belge.
"Les deux hommes, à visage découvert, ont forcé deux des trois employés présents à se coucher dans la cour de la maison et l'un des voleurs a escaladé la paroi de verre d'un mètre et demi séparant le public du tableau pour s'en saisir", a-t-il poursuivi.
Il n'y a eu aucun blessé, alors que deux visiteurs se trouvaient au moment des faits dans le musée.
"Ils ont pris la fuite avec le tableau à pied puis ils sont montés à bord d'une voiture", a précisé la police, qui a ouvert une enquête.
"Olympia", pour lequel a posé Georgette Magritte, l'épouse du peintre, représente un nu allongé sur fond de paysage de bord de mer.
Il est inspiré du tableau du même nom peint par Edouard Manet en 1863 et qui avait fait scandale lorsqu'il avait été exposé deux ans plus tard. Le peintre français se référait lui-même à deux autres nus célèbres, la "Vénus d'Urbino" du Titien et la "Maja Desnuda" de Francisco Goya.
La touche surréaliste du tableau de Magritte, de facture par ailleurs très classique, est apportée par la présence d'un coquillage -symbolisant peut-être le monde souterrain ou l'inconscient- sur le ventre de la femme.
Né dans le Hainaut (ouest de la Belgique) en 1898 et mort à Bruxelles en 1967, René Magritte a été l'un des artistes les plus influents du XXe siècle.
Son "Ceci n'est pas une pipe" montrant une... pipe, ou ses hommes en costume flottant dans les airs sont devenus des icônes dans le monde entier.
Le peintre préférait cependant la vie réglée d'un petit bourgeois, aux côtés de Georgette et de leur chien, aux mondanités parisiennes, ce qui explique qu'il ait quitté Paris et l'entourage d'André Breton pour retourner dans la maison de briques rouges du 135, rue Esseghem, où le tableau a été volé jeudi.
C'est toutefois dans cette maison, la seule des sept qu'il ait habitées à Bruxelles à être ouverte au public, que le peintre a réalisé près de la moitié de son oeuvre.
Bien que considérés comme invendables, les chefs-d'oeuvre de la peinture attirent les voleurs, qui peuvent tenter de les revendre sur le marché parallèle ou de réclamer des rançons auprès des compagnies d'assurances ou de l'Etat.
L'un des vols les plus célèbres est celui réalisé le 22 août 2004 par deux hommes armés et portant des cagoules qui avaient fait irruption en plein jour au musée Munch d'Oslo et s'étaient emparés du célèbre "Cri" et de "La Madone", du Norvégien Edvard Munch.
Les deux oeuvres avaient été retrouvées le 31 août 2006 dans des circonstances restées mystérieuses et les malfaiteurs avaient été condamnés.
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13.05.2009
1 milliard d'euros d'amende
Bruxelles inflige 1 milliard d'euros d'amende à Intel

Intel est suspecté d'avoir violé les lois antitrust fédérales et de l'Etat de New York
Neuf ans d'enquête pour arbitrer depuis l'Europe un contentieux entre deux groupes américains : la Commission européenne a infligé, mercredi 13 mai à Bruxelles, une lourde amende d'un peu plus d'1 milliard d'euros au fabricant de microprocesseurs Intel, convaincu d'abus de position dominante aux dépens de son rival, Advanced Micro Devices (AMD). Il s'agit de la plus lourde sanction jamais infligée par la Commission européenne.
Neelie Kroes, la commissaire européenne chargée de la concurrence, reproche au numéro un mondial du secteur d'avoir offert des ristournes à certains fabricants de matériels informatiques pour les inciter à choisir ses microprocesseurs, plutôt que ceux d'AMD. Très attendue dans l'industrie informatique, cette condamnation survient alors que les autorités européennes se réjouissent de voir l'administration Obama rompre avec l'indulgence des années Bush dans le domaine de la concurrence.
Durant la campagne électorale, Barack Obama avait reproché à son prédécesseur de laisser l'un des "pires bilans" de l'histoire en matière de défense du consommateur. A peine nommée, Christine Varney, l'adjointe du ministre de la justice chargée de piloter la politique de concurrence, vient d'afficher une feuille de route qui ne passe pas inaperçue en Europe. Pour elle, "un contrôle antitrust inadéquat" est l'un des facteurs à l'origine de la crise actuelle, au même titre que la dérégulation "maladive" des marchés.
"Les Américains ont attendu l'autocorrection, mais elle n'est jamais venue", a-t-elle expliqué lundi 11 mai: "Une application vigoureuse des règles antitrust doit jouer un rôle significatif en temps de crise pour garantir que les marchés restent compétitifs." La politique de concurrence va, selon MmeVarney, "contribuer" dans les prochaines années aux restructurations promises par l'administration Obama dans des secteurs comme l'énergie, les télécommunications, la banque, les transports ou la santé.
POUVOIRS TRÈS ÉTENDUS
Ces propos tranchent avec la politique mise en œuvre par l'administration Bush. Le ministère de la justice a décidé, sous son double mandat, de mettre un terme aux poursuites engagées sous Bill Clinton contre le fabricant de logiciels Microsoft. Aucune procédure nouvelle n'a par ailleurs été ouverte pour abus de position dominante.
"C'est un grand classique : les administrations démocrates sont toujours plus attentives que les républicaines aux règles de concurrence, indique Jacques Lafitte, du cabinet Avisa de conseil en droit de la concurrence, à Bruxelles. La nouveauté est que MmeVarney dispose d'une grande connaissance d'Internet et des industries de haute technologie." Une expérience qui pourrait être déterminante, à l'heure où la montée en puissance de Google fait frémir ses rivaux.
Le tournant pris par l'administration Obama est de nature à rapprocher les points de vue entre les deux rives de l'Atlantique. Pendant huit ans, les sociétés américaines soucieuses de dénoncer les pratiques de Microsoft, Intel ou autres IBM, se sont régulièrement tournées vers les gardiens européens de la concurrence, au point de susciter des tensions entre Washington et Bruxelles. L'administration Bush était intervenue en vain auprès de la Commission européenne, afin de limiter les premières sanctions contre Microsoft, en 2004, à la suite de plaintes déposées par ses concurrents… américains.
Souvent contestés en Europe, les pouvoirs de la Commission européenne sont très étendus : outre les amendes, Mme Kroes peut imposer des "remèdes" afin d'obliger les entreprises à modifier leurs pratiques abusives. Ce que ne peut pas faire le ministère de la justice, qui doit s'en remettre à des tribunaux fédéraux quand ils constatent un problème.
Dans l'affaire Intel, c'est AMD qui a saisi les autorités européennes en 2000. Tandis que le numéro un mondial a longtemps fait la sourde oreille, la Commission a accéléré ses travaux en 2008, lorsqu'elle a mené une série de perquisitions chez des vendeurs d'ordinateurs qu'Intel aurait rétribués pour qu'ils retirent de leurs rayons les matériels équipés de microprocesseurs AMD.
PRODUITS MOINS CHERS
Historiquement, le marché des microprocesseurs informatiques a toujours été dominé par Intel. La société californienne AMD, fondée en 1969, n'était, jusque dans les années 1980, qu'un sous-traitant du géant américain, mettant à disposition sa capacité de production quand il avait du mal à fournir ses clients.
A partir du milieu des années 1990, AMD a lancé ses propres produits, un peu moins haut de gamme, donc moins chers. L'outsider s'est présenté comme un recours auprès des clients fabricants d'ordinateurs, inquiets de ne dépendre que d'un fournisseur. Malgré des pertes récurrentes (3 milliards de dollars en 2008, soit 2,2 milliards d'euros), AMD est parvenu à atteindre environ 15 % de parts de marché sur les microprocesseurs pour serveurs et entre 15 % et parfois plus de 30 % pour ceux équipant les PC. Mais la société considère que le comportement illégal d'Intel a contribué à entraver son expansion.
12:16 Ecrit par EUROBERBERE dans Bruxelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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12.05.2009
Bruxelles avalise les aides
Bruxelles avalise les aides d'Etat à Fortis conditionnant la vente à BNP Paribas

La Commission européenne a ouvert la voie à la finalisation de la vente de la banque Fortis à BNP Paribas en approuvant une série d'aides d'Etat liées à l'opération.
Bruxelles indique dans un communiqué que les aides des Etats belges et luxembourgeois sont limitées au minimum nécessaire et permettent de remédier à une perturbation sérieuse de l'activité économique dans un Etat membre.
La Commission a par ailleurs annoncé que les mesures liées au traitement du portefeuille d'actifs toxiques détenu par Fortis respectaient les lignes directrices publiées récemment. Enfin, Bruxelles estime que les distorsions de concurrence induite par ce soutien seront minimales.
"Les aides, raisonnablement calibrées, étaient nécessaires pour que la vente de Fortis à BNP Paribas puisse intervenir. J'ai confiance dans le fait que Fortis sera rendue viable en étant liée à BNP Paribas", a déclaré Neelie Kroes, commissaire européenne en charge de la Concurrence.
Lundi soir, l'avocat belge Mischael Modrikamen, représentant environ 2.400 actionnaires de Fortis, avait annoncé avoir déposé une plainte auprès de la Commission européenne pour tenter de bloquer la vente à BNP Paribas qui, selon lui, pouvait s'apparenter à une aide publique. Neelie Kroes a confirmé avoir reçu cette plainte et l'avoir étudiée avec attention. Mischael Modrikamen a dit envisager de porter le dossier devant la Cour européenne de Justice.
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