08.05.2009
Dix banques américaines
Dix banques américaines ont besoin de 74,6 milliards de dollars

Dix des 19 principales banques américaines devront lever un total de 74,6 milliards de dollars supplémentaires en capital, ont annoncé jeudi les autorités américaines, après les avoir soumises à toute une série de scénarios de crise.
Selon les résultats de ces "stress tests" - réalisés par une équipe de plus de 150 personnes, Bank of America a les plus gros besoins de fonds : 33,9 milliards de dollars. Wells Fargo a besoin de 13,7 milliards, GMAC de 11,5 milliards et Citigroup de 5,5 milliards.
Le gouvernement Obama souhaite que les banques puissent combler leurs besoins en capitaux via des fonds privés, même si le président de la Fed Ben Bernanke a dit être prêt à aider si nécessaire.
Karey Wutkowski, David Lawder, Glenn Somerville, Mark Felsenthal et Emily Kaiser, version française Danielle Rouquié
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22.02.2009
Banques
Méritent-elles notre confiance ?
Non, répondent 56% des Français. Des clients lassés de payer cher des services inutiles (p. 53) et des produits peu efficaces (p. 56). Choqués par l'inefficacité du contrôle du système bancaire que la crise a révélée.
Les banques méritent-elles notre confiance ?
«Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font.» L'année 2008 a vu les banquiers sombrer dans la nasse des subprimes et des actifs toxiques, se faire piéger par leurs traders et par la gigantesque escroquerie Madoff. Leur défense, en France, est un peu courte : les autres, les Anglo-Saxons, ont fait pire. Mais botter en touche ne suffi t plus, même si la plupart des grands établissements français vont encore annoncer des bénéfices pour l'exercice 2008.
Le vrai bilan de l'année est ailleurs : selon une étude du Boston Consulting Group, publiée début février, 56% des Français ne font plus confiance à leurs banques. Le pire est que les garde-fous sont très nombreux, pour, précisément, que cette relation soit maintenue coûte que coûte entre les banquiers et leurs clients. Le secteur est un des plus réglementés de l'économie.
Mais que faisaient les gendarmes pendant la tourmente ? La Commission bancaire est en première ligne. Pour surveiller les établissements de crédit, elle dispose de 175 limiers affectés à des contrôles «sur place». Or, la Société générale, par exemple, compte 2 000 traders... Tout ce que peut donc faire le régulateur, c'est surveiller «l'architecture des systèmes de contrôle», puis recommander des modifications... si nécessaire.
C'est ce qu'a fait la Commission bancaire auprès de la Société générale, où pas moins de dix-sept enquêtes ont été diligentées entre 2006 et 2007... sans repérer le manège de Jérôme Kerviel. «Les contrôles dans tous les sens ne servent à rien face à un fraudeur», a expliqué en avril 2008 Daniel Bouton, le président du groupe bancaire, devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Depuis, la Générale a lancé des opérations de sensibilisation au «rogue trading», et a même songé à oeuvrer avec la médecine du travail pour «détecter des comportements anormaux».
Le trader qui a fait perdre 750 millions d'euros aux Caisses d'épargne avait-il une conduite bizarre ? La Commission bancaire ne l'avait pas repéré, mais avait demandé à son employeur, la Caisse nationale des Caisses d'épargne, d'arrêter ses opérations pour compte propre. L'institution s'est exécutée en mettant l'activité «en extinction».
«Une procédure dangereuse, explique un banquier. Car on a tendance à moins surveiller l'activité parce qu'elle va s'arrêter, et les traders, eux, ne sont plus motivés. Les meilleurs s'en vont, et les autres...» Selon un membre du management de l'Ecureuil, le problème n'était pas là : «En fait, les trois personnes qui devaient surveiller la salle des marchés étaient occupées à trouver des financements pour la filiale Natixis.» Dommage.
Après avoir enduré tous ces coups, les banquiers ont pris conscience qu'ils devaient renforcer les contrôles des risques. «La première chose à faire est de vérifier que les contrôleurs sont assez rémunérés, et qu'ils ont un poids psychologique et hiérarchique suffisant»,«les contrôles sont oubliés pendant les périodes d'euphorie. On n'en reparle que pendant les krachs...» explique un administrateur présent au comité d'audit d'une grande banque. Cela suffira-t-il ? Pour Marc Fiorentino, patron d'Euroland Finance, Pas très rassurant.
Conseils consanguins
Le problème est aussi tout en haut des édifices bancaires, dans les salles des conseils d'administration. Des instances qui, pendant la crise, ont gardé un silence assourdissant, plutôt que de lancer des cris d'alerte.
Curieusement, personne ne songe à réclamer que leurs membres soient remplacés ou privés de leurs jetons de présence... «Nous n'avons pas posé les bonnes questions au bon moment, mais le management ne se les posait pas non plus», reconnaît un administrateur de Dexia, une des banques européennes qui ont sombré dans la tempête.
Alors ces conseils d'administration ne serviraient à rien ? «L'incompétence distinguée préside moins que par le passé, mais encore trop. Il faut céder la place à une attitude critique qui requière d'autres nominations moins illustres mais plus efficaces», estime Antoine Jeancourt-Galignani. Lorsque l'ex-patron des AGF a abandonné son mandat à la Société générale, fin 2008, il a proposé Nathalie Rachou, gérante de Topiary Finance, pour le remplacer. Première réaction autour de la table du conseil : «Mais qui connaît Madame Rachou ?» Il a fallu expliquer qu'elle avait une bonne expérience des marchés pour qu'elle soit finalement adoubée.
«Les conseils des banques sont encore consanguins, explique Pierre-Henri Leroy, un expert redouté de la gouvernance d'entreprise qui dirige le cabinet Proxinvest. Les administrateurs non indépendants y sont trop nombreux.» Les groupes mutualistes sont champions dans cette catégorie puisque les administrateurs sont, pour la plupart, des patrons des entités régionales du groupe. Quant à BNP Paribas ou la Société générale, plus des deux tiers de leurs administrateurs ne sont pas indépendants. On comprend mieux pourquoi ils n'ont guère posé les questions qui fâchent.
Dépasser les frontières
Heureusement, la Commission bancaire est là pour s'assurer, au moins, que les banques sont bien dotées en fonds propres et ne feront pas faillite. Depuis le ratio Cooke, élaboré en 1982, jusqu'au ratio Bâle II, les régulateurs ont consacré une bonne part de leur énergie à étoffer et à complexifier les règles sur le sujet. Mais pendant qu'ils étaient occupés à bâtir cette cathédrale prudentielle, les gendarmes n'ont pas mesuré le risque de liquidité grandissant. Résultat : des banques sont mortes en bonne santé. La banque Dexia, par exemple, sauvée en octobre 2008 par les gouvernements belge et français, affichait un excellent ratio de solvabilité.
L'affaire Dexia a aussi montré les limites d'une supervision nationale. «Quand nous nous sommes retrouvés autour de Nicolas Sarkozy, un dimanche à 5 heures du matin, pour traiter de Dexia, nous nous sommes aperçus que la Commission bancaire française ne savait pas ce que Dexia faisait en Belgique», raconte Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée. Mieux encore : «La Commission bancaire belge, elle, ne savait pas ce que Dexia faisait en France. Et aucune des deux ne savait ce que faisait Dexia aux Etats-Unis.» En matière de contrôle bancaire, il reste manifestement quelques petits détails à régler.
08:37 Ecrit par EUROBERBERE dans Banques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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