04.03.2009
L'Australie redécouvre ses mines d'uranium
L'Australie redécouvre ses mines d'uranium à la faveur de la réhabilitation du nucléaire civil
L'Etat d'Australie-Occidentale a des ressources minérales à faire pâlir d'envie, exportant à travers le monde son minerai de fer et son gaz naturel. D'ici à quelques années, l'uranium pourrait s'ajouter à la liste de ses exportations de matières premières. Selon l'association australienne de l'uranium, les gisements y sont importants et représentent 188 000 tonnes d'oxyde d'uranium sur 28 sites.
Des ressources que l'Etat semble désormais prêt à exploiter ; contrairement à ses prédécesseurs travaillistes, le nouveau premier ministre libéral, Colin Barnett, élu en 2008, est favorable au développement de l'exploitation de l'uranium. Cela pourrait rapporter 200 millions de dollars à l'Etat d'ici à vingt ans.
Bien que l'Australie possède les plus importants gisements d'uranium de la planète, ce secteur a longtemps eu mauvaise presse. La crainte du nucléaire civil et militaire était très présente. En outre, le pays possède d'importantes ressources en charbon lui permettant de produire de l'électricité à bas prix, sans recours au nucléaire.
Dans les années 1980, alors que les mines de Ranger, d'Olympic Dam et de Beverly étaient déjà en activité, le Parti travailliste avait décidé que toute nouvelle mine serait proscrite dans les Etats dirigés par des travaillistes. "Ces contraintes politiques ont créé un fossé ; même si le pays a entre 38 à 40 des gisements de taille mondiale, il ne représente que 19 % du marché mondial", commente Simon Clarke, porte-parole de l'association australienne de l'uranium.
Mais les temps sont devenus plus favorables. Avec la Chine et l'Inde prêtes à construire des dizaines de réacteurs nucléaires civils, la demande internationale est forte. Le Parti travailliste a abandonné sa politique de veto en 2007. Si plusieurs Etats, comme le Queensland et le Victoria, refusent toujours d'autoriser les mines d'uranium, cela permet à l'Australie-Méridionale de continuer de développer son industrie florissante.
Depuis quelques années, l'exploration est en plein essor. Selon le bureau australien des statistiques, les dépenses pour 2007-2008 ont atteint 231 millions de dollars australiens (116 millions d'euros), contre 114 millions de dollars en 2006. Même s'ils devraient mettre plusieurs années avant d'aboutir, les projets de mines sont nombreux. Particulièrement attendu, l'agrandissement par BHP Billiton de la mine d'Olympic Dam, en Australie-Méridionale, devrait faire passer la production de 4 000 tonnes d'oxyde d'uranium par an à 19 000 tonnes.
L'Australie exporte principalement vers les Etats-Unis, le Japon et la France. Surtout, le pays a récemment fait sa première livraison à la Chine, un importateur et investisseur potentiellement très important. Malgré des restrictions à l'exportation - l'Australie n'exporte que vers les pays signataires du traité de non-prolifération nucléaire -, l'uranium a rapporté 887 millions de dollars (444 millions d'euros) en 2008.
Enfin, l'idée d'avoir recours au nucléaire en Australie même progresse. Les partisans de l'uranium ont un argument de poids : l'énergie nucléaire pourrait être une solution dans ce pays qui, à cause de ses centrales au charbon, émet le plus d'émissions de gaz à effet de serre par habitant au monde.
"Les Australiens ne sont pas prêts à l'accepter, il y a beaucoup d'autres sources d'énergie propres à envisager", commente Tony Mohr, de la fondation australienne pour la conservation. Mais un sondage récent réalisé par l'institut Essential Research a révélé que les Australiens opposés au nucléaire seraient devenus minoritaires dans l'opinion.
08:45 Ecrit par EUROBERBERE dans Australie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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