19.10.2009
Attentat
l'Iran accuse les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Pakistan
Après le choc de l'attentat suicide de dimanche, qui a fait au moins 41 morts, dont des commandants des Gardiens de la révolution, Téhéran a accusé les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Pakistan d'aider les rebelles sunnites du groupe Joundallah, désigné comme responsable.
L'Iran va demander au Pakistan d'extrader Abdolmalek Righi, le chef de Joundallah, a déclaré lundi le général Mohammad Ali Jafari, le chef des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime.
Abdolmalek Righi a endossé la responsabilité de l'attaque, avait indiqué dimanche le procureur général de Zahedan, chef-lieu de la province du Sistan-Balouchistan.
"Aujourd'hui, une nouvelle preuve nous a été soumise par un service de renseignement du pays démontrant que le groupe abominable d'Abdolmalek Righi est en lien direct avec les services de renseignements américains, britanniques et malheureusement pakistanais", a déclaré le général Jafari, cité par l'agence Isna.
"Sans aucun doute, cet individu agit sur ordre de ces services", a-t-il poursuivi ajoutant que l'Iran se rendrait prochainement en mission au Pakistan "pour montrer ces nouveaux documents".
Dimanche, l'Iran avait déjà accusé les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Le commandant de l'armée de terre des Gardiens de la révolution, le général Mohammad Pakpour, avait affirmé que les membres de Joundallah étaient "entraînés et équipés" par les services de renseignements américains et britanniques.
Washington a condamné l'attentat et nié toute participation.
Londres a également "rejeté de la manière la plus catégorique" lundi les accusations de l'Iran.
Dès dimanche, le ministre iranien de l'Intérieur, Mostapha Mohammad Najar, a appelé son homologue pakistanais pour lui signifier "la vigoureuse protestation du peuple et du gouvernement iranien" après l'attentat.
L'attaque suicide a décapité le commandement local des Gardiens de la révolution pour le Sistan-Balouchistan et sept de ses hauts commandants ont été tués dont le général Nour-Ali Shoushtari, adjoint du commandant de l'armée de terre des Gardiens.
Joundallah (soldats de Dieu) a multiplié ces dernières années les actions armées de plus en plus spectaculaires dans cette province située à la frontière avec le Pakistan et l'Afghanistan.
Abdolmalek Righi dirige ce groupe rebelle sunnite, qui réclame plus d'autonomie pour la région.
Joundallah a revendiqué l'attentat à la voiture piégée contre une mosquée chiite de Zahedan, chef-lieu de la province du Sistan-Balouchistan, qui avait fait 25 morts en mai.
En juillet, 13 membres du groupe Joundallah avaient été exécutés à la prison de Zahedan.
Les autorités iraniennes ont arrêté Abdolhamid Righi, le frère du leader du Joundallah, qui a été condamné à mort. Il devait être pendu en juillet mais Téhéran a retardé cette exécution.
La population iranienne, forte de 70 millions d'habitants, est composée à plus de 90% de chiites, mais la province du Sistan-Balouchistan abrite une forte minorité sunnite, sur laquelle s'appuie Joundallah.
Elle est considérée comme la province la moins sûre d'Iran en raison de la présence des rebelles mais aussi de trafiquants de drogue.
Le président Mahmoud Ahmadinejad est intervenu lui-même dimanche pour exiger que le Pakistan lui livre les responsables de l'attentat.
16:30 Ecrit par EUROBERBERE dans Attentat | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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