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07.01.2009
Visées israéliennes sur Ghaza
Une autre partition en vue ?
Beaucoup de choses ont été dites au sujet de l’agression israélienne contre la bande de Ghaza, toutes ramenant cette situation au face-à-face militaire dans le but de briser l’appareil militaire du mouvement Hamas, si ce n’est cette formation elle-même
Là, diront certains, est l’hypothèse de base en se fiant bien entendu à la thèse israélienne amplifiée par ses relais. Car il en est une autre soulevée comme simple hypothèse, ou l’idée d’un homme qui n’occupe pas de fonction officielle dans l’administration américaine. Il s’agit de l’ancien ambassadeur John Bolton, qui vient de déclarer que la solution de « deux Etats » n’est pas possible. A en croire la déléguée de Palestine et d’autres sources, l’idée en question fait son chemin. Mme Leïla Chahid entend alerter l’opinion internationale en mettant en garde contre ce qu’elle appelle d’ores et déjà « le dépeçage de la Palestine ». Selon elle, il existe une peur justifiée et réelle qu’Israël veuille séparer définitivement la bande de Ghaza de la Cisjordanie en disant que le premier territoire doit être pris par l’Egypte, et le second – pas tout il est vrai mais ce qu’il en restera après la fin du processus de colonisation juive – par la Jordanie. Serait-ce là ce qu’on appelle communément la solution finale, celle qui excluerait de toute solution le peuple palestinien en le privant de ses droits nationaux et en mettant fin à son existence ? « Cette hantise du dépeçage est réelle au sein de l’Autorité palestinienne, de la population palestinienne et des pays arabes voisins », a ajouté Mme Chahid.
Alors qu’une telle question ne semble pas envisagée en Egypte, elle est par contre redoutée en Jordanie où l’on garde en mémoire les déclarations d’officiels israéliens affirmant aux Palestiniens que « la Palestine existe déjà en Jordanie » où 50% des 6 millions d’habitants sont d’origine palestinienne. Selon nombre d’analystes, tout est fait depuis bien longtemps pour maintenir une séparation entre Ghaza et la Cisjordanie, d’où relève-t-on le refus israélien de la continuité territoriale demandée par les Palestiniens. C’était du temps des négociations en vue d’un accord de paix. C’est ensuite la montée des accusations israéliennes contre le Hamas en dépit des déclarations de ce dernier en faveur d’un Etat palestinien dans les frontières de juin 1967. Jusqu’à déclarer la bande de Ghaza « entité hostile » et conséquemment ingouvernable.
Des responsables jordaniens ont estimé effectivement que l’agression israélienne sur Ghaza risquait de « mettre fin à l’option de deux Etats » israélien et palestinien ; la Jordanie a toujours refusé de devenir un substitut, amenant d’ailleurs les plus hautes autorités palestiniennes, même du vivant de Yasser Arafat, à récuser une telle option envisagée par Israël et notamment par Ariel Sharon. De ce point de vue, M. Bolton n’est pas seul à s’éloigner de ce dossier dont l’épaisseur est due au nombre de résolutions des Nations unies depuis le partage de la Palestine jusqu’au retour des réfugiés et l’exercice par le peuple palestinien de son droit à l’autodétermination. Plus clairement, l’édification de son Etat indépendant dans des frontières qui ne sont ni celles de l’Egypte ni celles de la Jordanie. Il ne saurait alors être question de « solution à trois Etats » (Israël, Egypte et Jordanie). Qui prendrait le risque d’une telle approche ?
12:52 Ecrit par EUROBERBERE dans Proche Moyen-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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