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07.01.2009
L’Inde accuse le Pakistan
QUELQUES MOIS APRÈS LES ATTENTATS DE BOMBAY
L’Inde accuse le Pakistan
Le Premier ministre indien souligne qu’Islamabad veut se servir du «terrorisme» pour nuire à New Delhi.
Ça chauffe entre l’Inde et le Pakistan. Quelques mois après les attentats sanglants perpétrés à Bombay, l’Inde accuse le Pakistan. Le gouvernement indien assure que l’Etat pakistanais avait «soutenu» ces attaques, accusant Islamabad de se servir du «terrorisme» pour lui nuire.
«Il y a suffisamment de preuves pour montrer que, vu la sophistication et la précision militaires des attaques de Bombay, elles avaient obligatoirement reçu le soutien de certaines agences officielles au Pakistan», a déclaré le Premier ministre Manmohan Singh, dont les propos ont été rapportés par l’AFP.
Devant les chefs de gouvernement des Etats fédérés indiens, M.Singh a indiqué que «le Pakistan sponsorise (et) utilise le terrorisme comme un instrument de (sa) politique d’Etat», répétant que ce pays «avait dans le passé encouragé et offert un sanctuaire à des terroristes hostiles à l’Inde». «Malheureusement, nous ne pouvons pas choisir nos voisins», a déploré cet Indien sikh, né en 1932, dans une partie du Pendjab devenue territoire pakistanais lors de la partition du sous-continent en 1947.
Ces propos beaucoup plus durs que d’habitude du Premier ministre font suite à la transmission, lundi, par New Delhi à Islamabad, d’un dossier de preuves ´´accablantes´´ mouillant des ´´éléments pakistanais´´ dans les attentats de Bombay et dénonçant une ´´probable´´ complicité de hiérarques pakistanais.
L’Inde, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne imputent le carnage de Bombay (172 morts, dont neuf assaillants) au Lashkar-e-Taïba (LeT), un groupe islamiste armé clandestin pakistanais. Ce mouvement, qui a nié toute responsabilité, aurait entraîné le commando de 10 assaillants, tous des Pakistanais selon New Delhi, épaulés par des ´´éléments´´ du régime pakistanais, c’est-à-dire liés aux services de renseignements d’Islamabad, affirment des responsables indiens sous le couvert de l’anonymat. De fait, ´´il est difficile de croire que quelque chose de cette ampleur qui fut si longue à préparer ait pu arriver sans que quiconque, n’importe où au sein de «l’establishment» (NDLR, l’ordre établi ou le pouvoir) du Pakistan, ne sache que cela se déroulait´´, avait jugé lundi le secrétaire aux Affaires étrangères, Shiv Shankar Menon.
Toutefois, le numéro2 de la diplomatie indienne et le Premier ministre se gardent bien d’accuser explicitement le régime civil et démocratique d’Islamabad, ni les redoutables services secrets (Inter-services intelligence, ISI) d’avoir directement trempé dans les attentats.
En fait, l’Inde s’inquiète de la faiblesse du pouvoir du président pakistanais Asif Ali Zardari, déstabilisé par le terrorisme islamiste et le poids historique de l’armée. «Plus un gouvernement est fragile, plus il risque d’agir de manière irresponsable», a averti M.Singh. Depuis les attaques islamistes qui ont frappé du 26 au 29 novembre la mégalopole-symbole de la puissance économique indienne, l’Inde et le Pakistan enchaînent les joutes diplomatiques, mais sans prendre de mesures concrètes pouvant les conduire à se faire la guerre.
A défaut d’une confrontation par les armes, New Delhi maintient la pression sur Islamabad en lançant une grande offensive diplomatique à destination de la communauté internationale, notamment des Etats-Unis, qui soutiennent largement l’Inde sous le choc de son «11-Septembre». De son côté, le Pakistan a réagi à ses accusations.
Il a fermement rejeté hier les accusations proférées par le Premier ministre indien Manmohan Singh. «Le gouvernement pakistanais rejette catégoriquement les allégations malencontreuses dirigées contre le Pakistan par le Premier ministre indien à New Delhi aujourd’hui», a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué rapporté par la même agence. «Au lieu de répondre positivement à l’offre du Pakistan de coopération (...) l’Inde a choisi de s’embarquer dans une offensive de propagande», poursuit le ministère.
«Cela va non seulement attiser les tensions, mais aussi ruiner toute perspective d’enquête sérieuse et objective sur les attentats de Bombay», a conclu la diplomatie pakistanaise.
12:42 Ecrit par EUROBERBERE dans INTERNATIONALE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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