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30.12.2008

ENQUETE

Enquête

Israël - Un premier défi de taille pour Barack Obama

Le futur président n’a pas souhaité s’exprimer sur les événements du week-end à Gaza. Son approche du conflit n’est pourtant plus ambiguë.

12.jpgJoe Biden, le visionnaire. Avant même de voir Obama élu, son colistier avait prévenu : « Croyez-moi. Il ne se passera pas six mois avant que le monde ne mette à l’épreuve Barack Obama, comme il l’avait fait avec Kennedy. » On attendait alors le futur président sur les terrains irakiens ou afghans. Mauvais choix. Les guerres ensablées dans ces déserts hostiles demeurent importantes. Mais l’urgence s’est aujourd’hui déplacée en Israël. Quand l’Etat hébreu passe à l’offensive et bombarde massivement Gaza, les regards se tournent vers son plus proche allié : les Etats-Unis. Et le monde s’interroge : quelle sera l’attitude d’Obama quand, dans une vingtaine de jours, il s’installera officiellement à la Maison-Blanche ? Pour l’instant, son équipe botte en touche et rappelle, comme souvent depuis l’élection, qu’il n’y a qu’un seul président à la fois. Cela ne l’empêche pas, reposé sous le soleil hawaiien, de « surveiller la situation ».

Les visages de Washington ont beau changer, les actions ne devraient pas évoluer. Si les relations entre Obama et Israël ont longtemps été ambiguës, elles le sont beaucoup moins depuis la désignation du sénateur de l’Illinois comme candidat des démocrates. Durant la dernière partie de la campagne présidentielle, Obama, souvent taxé de proarabe, a tout fait pour se rapprocher d’Israël, et donc de l’électorat juif, déterminant. Un an auparavant, en 2007, Shmuel Rosner, correspondant du journal Ha’aretz aux Etats-Unis, décrivait la position du démocrate vis-à-vis de l’Etat hébreu. Obama paraissait alors « aussi ferme que Clinton, aussi solidaire que Bush, aussi amical que Giuliani (NDLR : l’ancien maire de New York)». Depuis, il est allé plus loin. Il s’est notamment rendu en juillet 2008 en Israël. Auparavant, il avait surtout affirmé son souhait de voir Jérusalem, indivisible, demeurer la capitale du pays, quand bien même cette option serait une violation du droit international (résolution 478 du Conseil de sécurité de l’ONU). Une fois élu, Obama a nommé Rahm Emanuel au poste de secrétaire général de la Maison-Blanche, suscitant l’émoi d’un monde arabe inquiet de voir un ancien volontaire de Tsahal, reconnu pour son engagement pro-israélien, occuper un tel poste stratégique.

Désespoir palestinien

Il fallait bien faire taire les rumeurs, contredire l’idée d’un positionnement proarabe et affirmer son soutien à l’Etat hébreu. Et si certains prétendaient qu’Obama voulaient parlementer avec le Hamas, l’intéressé déclarait, dans les colonnes du New York Times, qu’il était « très dur de négocier avec un groupe qui ne représente pas un Etat, qui ne reconnaît pas votre droit à l’existence, utilise régulièrement la terreur comme une arme et est profondément influencé par d’autres pays ». Les Palestiniens, rêvant d’un interlocuteur modéré et ouvert, pouvaient déchanter. Obama n’est pas proarabe. Il promeut l’identité juive d’Israël comme il comprend ses actions militaires. « Si quelqu’un lançait des roquettes sur ma maison la nuit pendant que mes filles dorment, je ferais mon possible pour l’en empêcher », affirmait-il en juillet. Le camp est clairement choisi. Sur le Proche-Orient, au moins le futur président américain ne devrait pas être si différent de son prédécesseur.

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Enquête

Israël - Tsahal se prépare à une offensive terrestre à Gaza

Engrenage militaire ou menace destinée à arracher une nouvelle trêve aux islamistes ? Tandis que la population civile redoute le pire, le Hamas affirme vouloir résister et riposter. Le pire pourra-t-il être évité ?

13.jpgIl y avait l’objectif immédiat : faire cesser les tirs de roquette visant le territoire israélien. Et un autre, beaucoup plus ambitieux : anéantir le Hamas à Gaza. Le premier a été partiellement atteint grâce aux raids aériens. Le second ne pourra l’être qu’avec l’intervention des chars et des fantassins. C’est dans cette perspective que Tsahal a commencé hier à rappeler des milliers de soldats. « Le cabinet a approuvé la mobilisation de 6.500 réservistes. Cette mobilisation englobe des unités de combat et des unités de la défense passive », a indiqué un haut responsable à l’issue de la réunion hebdomadaire de l’exécutif israélien, laissant planer la menace d’une offensive terrestre de grande envergure sur l’enclave palestinienne. Après les déclarations du ministre israélien de la Défense Ehoud Barak n’excluant pas cette hypothèse, c’est le signe tangible qu’un recours massif à la force pour briser Hamas est effectivement envisagé.

Victoire psychologique et médiatique ?

Mais dans la partie de bras de fer entamée avec le mouvement intégriste, Israël entend jouer sur tous les registres y compris… celui du bluff. La menace d’une opération terrestre imminente peut-elle obliger le Hamas à déclarer une trêve unilatérale sans aucune contrepartie ? Cela semble peu probable. Après avoir contraint Israël à passer à l’offensive, le mouvement islamiste qui contrôle Gaza pourrait être tenté par la stratégie du pire en faisant tout pour attirer les soldats israéliens dans la « prison à ciel ouvert » qu’est l’enclave palestinienne. Tout comme le Hezbollah lors de la « deuxième guerre du Liban » (juillet-août 2006), la défaite militaire inévitable des islamistes pourrait se muer en victoire psychologique et médiatique, si les miliciens du Hamas parviennent à rendre quelques coups ou si le nombre des victimes civiles révolte les opinions publiques mondiales. Même durement frappé, le Hamas peut avoir intérêt à durcir encore l’affrontement.

Comment en est-on arrivé là ? La mécanique s’est enclenchée il y a dix jours. Le 19 décembre dernier, la trêve fragile conclue depuis six mois en Israël et le mouvement intégriste qui contrôle l’enclave palestinienne depuis 2007 a pris fin. Depuis, les roquettes palestiniennes ont recommencé à tomber sur le territoire israélien.
Empêtré dans différents scandales, chargé uniquement d’expédier les affaires courantes en attendant les prochains élections législatives anticipées qui auront lieu dans deux mois, le Premier ministre Ehoud Olmert est en position délicate. Excédée par les tirs palestiniens, l’opinion publique israélienne exige des mesures de sécurité efficaces.

Favori pour le fauteuil de Premier ministre, Benjamin Netanyahu, le leader du Likoud (droite) et son outsider, l’actuelle ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, leader de Kadima (centre), sont tous les deux partisans de la fermeté, convaincus de la nécessité de liquider le Hamas à Gaza, pour privilégier le dialogue avec le Fatah de Mahmoud Abbas, au pouvoir en Cisjordanie. Visée à « long terme » pour Benjamin Netanyahu, objectif plus précis pour Tzipi Livni. « Un gouvernement sous ma direction se fixerait comme objectif le renversement du Hamas par tous les moyens, militaires économiques et diplomatiques », a-t-elle notamment affirmé devant des membres de son parti Kadima. Ne restait plus qu’à donner le feu vert aux militaires et à Ehoud Barak, le ministre de la Défense de l’Etat hébreu.

Opération « Plomb durci »

Samedi, après de multiples mises en garde et alors que plus de 200 roquettes palestiniennes se sont déjà abattues sur Israël, l’opération « Plomb durci » est déclenchée. Dans le milieu de la matinée, une soixantaine d’appareils israéliens bombardent une cinquantaine de sites, des raids d’une violence jamais atteinte depuis 1967. Les attaques visent essentiellement la police et les infrastructures du Hamas. La majorité des tués – près de 300 – sont des membres des forces de l’ordre, dont le général Tawfik Jaber, chef de la police du Hamas. On dénombre dans le même temps près de 600 blessés.

Après la première vague de samedi, les attaques se poursuivent dans la nuit, visant des studios de la télévision du Hamas, al-Aqsa, sans pouvoir interrompre sa diffusion qui se poursuivait dimanche. Hier, d’autres attaques ont été menées. Les cibles, très nombreuses, se situent dans la ville même de Gaza. Visés également : le camp de Jabaliya, dans le nord du territoire, au sud, Khan Younès et Rafah. Le bâtiment du « Conseil des ministres »  du Hamas à Gaza est aussi frappé. L’aviation israélienne a détruit le siège du gouvernorat de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza et le « Saraya », un complexe abritant la principale prison de Gaza et un QG des services de sécurité du Hamas, faisant quatre morts. Selon l’armée israélienne, environ 230 cibles du Hamas ont été visées entre samedi et dimanche.

« Préparer des linceuls »

Face à l’ampleur de la réaction israélienne, en signe de défi, Ismaïl Haniyeh, le Premier ministre palestinien, chef du Hamas à Gaza, a lancé : « Rien ne peut détruire notre peuple. » La riposte, elle, s’est organisée. Entre samedi et dimanche, une vingtaine de nouvelles roquettes palestiniennes ont été tirées sur le sud d’Israël, tuant au moins un civil israélien. L’une d’elles, de type Grad, a atteint pour la première fois la commune de Gan Yavné près du port d’Ashdod, à plus de trente kilomètres de Gaza. Le Hamas a appelé sa branche armée, les brigades Ezzedine al-Qassam, à « mettre tous les moyens en œuvre pour empêcher les sionistes de dormir » et invitant les Israéliens à « préparer des linceuls ». Evoquant un véritable « holocauste » palestinien, le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, a même menacé d’avoir recours à des opérations suicides.

Hier, le ministre de la Défense israélien Ehoud Barak a redit que « Tsahal élargira et approfondira ses opérations à Gaza autant que nécessaire ». « Nous devons savoir que cela ne sera pas de courte durée et ne sera pas facile, mais nous devons faire preuve de détermination », a-t-il ajouté.

Désastre humanitaire

Pour atténuer un désastre humanitaire prévisible, Israël avait pris soin de laisser entrer vendredi matin dans Gaza trois convois d’aide humanitaire. Les convois, 90 camions au total, ont acheminé des produits de première nécessité, du fuel et du gaz. Déjà très difficiles, les conditions de vie dans l’enclave palestinienne risquent encore d’empirer dans les heures et les jours à venir. Un signe ? Des avions israéliens ayant bombardé les tunnels servant à la contrebande entre la Bande de Gaza et l’Egypte ; hier, cette zone frontalière a été le théâtre de véritables émeutes. Tentant de fuir le territoire ou recherchant du ravitaillement, des centaines de Palestiniens affolés ont ouvert au moins cinq brèches dans la frontière palestino-égyptienne, bravant les tirs des gardes-frontière envoyés en renfort. Un avant-goût du chaos qui menace le million et demi d’habitants piégés dans Gaza.

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Enquête

Israël - L’ONU tente de vaincre sa propre paralysie

La réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies a débouché sur un texte de compromis non contraignant qui masque mal les divergences de vue entre les grandes puissances.

14.jpgAlors que les raids aériens se poursuivaient dans le ciel de Gaza, le Conseil de sécurité tenait hier une réunion d’urgence à New York. Succès diplomatique rare sur ce sujet qui divise les principaux membres du Conseil, il en est sorti un texte de consensus qui appelle à « l’arrêt immédiat de toute violence ». Ce texte, proposé par les délégués russes et amendés par les Etats-Unis, n’est pas contraignant, ce qui réduit considérablement sa portée.

Il appelle néanmoins « toutes les parties à prendre en compte les sérieux besoins humanitaires et économiques à Gaza et à décider des mesures nécessaires, dont l’ouverture des points de passage afin de garantir l’approvisionnement en aide humanitaire, y compris de la nourriture, du carburant et du matériel médical ». Un compromis a minima, donc, que chacun était libre d’interpréter à la sortie : pour l’ambassadeur de la Russie à l’ONU, Vitali Chourkine, le texte est porteur de l’« espoir de mettre fin aux violences ». L’ambassadeur des Etats-Unis préfère, lui, souligner qu’« Israël a le droit de se défendre ». « Rien dans le texte ne doit être lu autrement », assure le diplomate. Quant à l’observateur permanent de la Palestine à l’ONU, il n’y voit que l’appel à « un cessez-le-feu et à l’ouverture de points de passage ».

Nuances

Concrètement, ce compromis ne change rien au blocage dont souffre l’ONU dès qu’il s’agit du conflit israélo-palestinien. Celle qui est encore pour quelques semaines la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, a certes demandé que le cessez-le-feu soit immédiatement rétabli. Mais elle a précisé que les Etats-Unis « tiennent le Hamas pour responsable de la rupture du cessez-le-feu ainsi que de la reprise des violences à Gaza », alors qu’ils « invitent Israël à éviter de causer des pertes civiles lorsqu’il prend pour cible le Hamas à Gaza ». Côté européen, le ton se veut plus équilibré dans un communiqué publié par Nicolas Sarkozy qui « condamne fermement les provocations irresponsables qui ont conduit à cette situation, ainsi que l’usage disproportionné de la force ».

Du côté russe, les priorités apparaissent inversées : le ministre des Affaires étrangères russes « juge nécessaire la fin de l’opération militaire de grande envergure contre Gaza […]. Dans le même temps, (il appelle) la direction du Hamas à mettre fin aux bombardements sur le territoire israélien ». Les nuances sont infimes en langage diplomatique mais elles traduisent une véritable divergence de vue entre les membres permanents du Conseil de sécurité pourvus du droit de veto, qui laisse peu de place pour élargir ce compromis déjà fragile.

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Enquête

Rétrospective 2008 - Procès et autres faits divers de janvier à juin

Nombre de faits divers et procès auront encore émaillé cette année qui s’achève : Total condamné, le procès Fourniret, l'incompréhensible affaire Fritzl ou encore le meurtre des deux jeunes étudiants français à Londres...

15.jpgUne année 2008 marquée du sceau de la fraude financière, phénomène nouveau, s’il en est, de par les gigantesques sommes mises en jeu et dont le système bancaire a largement profité. L’année des procès aussi, tant inattendus qu’inespérés par les décisions rendues : Total condamné, une première dans l’histoire des catastrophes écologiques. Des procès retentissants également, par leur effet insoutenable : le couple Fourniret. Et puis, cette terrible affaire qui soulève indignation et incompréhension : Josef Fritzl, le père aux deux visages, dont le regard figé apparaît, un jour d’avril, à la face du monde. Le mois de juin arrive avec une affreuse découverte, celle des corps méconnaissables de deux jeunes étudiants français à Londres…

Total condamné pour le naufrage de l’Erika

Mercredi 16 janvier, Total est condamné à verser 192 millions d’euros pour le naufrage de l’Erika qui avait provoqué une gigantesque marée noire sur le littoral atlantique en septembre 1999. C’est la première fois que la justice sanctionne les responsables d’une catastrophe écologique – 20.000 tonnes de fioul répandues sur 400 kilomètres avaient tué 150.000 oiseaux – en reconnaissant l’existence d’un préjudice « résultant de l’atteinte portée à l’environnement. » Outre le pétrolier, le tribunal sanctionne l’armateur, propriétaire du paquebot vieux de 25 ans, mal entretenu, et son gestionnaire, qui doivent solidairement indemniser les victimes.
Total décide de verser immédiatement, et de manière irrévocable, les indemnités fixées par les juges mais fait appel de la décision qu’il estime « injustifiée. »

Jérôme Kerviel, le trader aux 5 milliards

Jeudi 24 janvier, le monde découvre Jérôme Kerviel, 31 ans, trader à la Société Générale. Lors de la publication de ses résultats 2007, la banque révèle qu’un de ses opérateurs l’a exposée à un risque qui lui coûte près de 5 milliards d’euros, sur les 50 engagés. Qualifié de « terroriste » par la PDG Daniel Bouton, ou de « génie de la fraude » par le gouverneur de la Banque de France, Jérôme Kerviel, un Breton au physique de gendre idéal, semble aujourd’hui éloigné du portrait hâtif qui en fut fait. L’instruction a démontré qu’il a fait gagner beaucoup d’argent à la SocGen, qu’il a bénéficié du laxisme ambiant et qu’il ne s’est jamais enrichi. L’incrimination pour escroquerie a d’ailleurs été abandonnée. Kerviel est en liberté sous contrôle judiciaire.

Les Fourniret, couple diabolique

Jeudi 27 mars, les assises des Ardennes ouvrent le procès de Michel Fourniret et de Monique Olivier. Le tueur en série sexagénaire répond de 7 homicides précédés de viols ou tentatives perpétrés entre 1987 et 2001, avec la complicité de son épouse. Pendant deux mois éprouvants, les familles sont soumises à la cruauté du pervers Fourniret, abject provocateur qui tantôt se tait, tantôt raconte le calvaire d’Isabelle, de Fabienne, Jeanne-Marie, Elisabeth, Natacha, Céline et Mananya. Le 28 mai, les Fourniret sont condamnés à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de vingt-huit ans pour elle, incompressible pour lui. Deux juges instruisent toujours les affaires Marie-Angèle Domèce et Joanna Parrish, jeunes filles disparues en 1988 et 1990 dans l’Yonne. Il est soupçonné d’enlèvements et assassinats, elle est poursuivie pour complicité.

Josef Fritzl, le père machiavélique

Le 27 avril, en libérant Elisabeth Fritzl, la police autrichienne met à jour une histoire effroyable. Celle d’un homme de 73 ans qui, pendant près d’un quart de siècle, a mené deux vies parallèles dans sa maison de Amstetten, en Autriche. Un homme à « deux étages » : tandis qu’il coulait au rez-de-chaussée une retraite « paisible » avec sa femme, en sous-sol vivait emmuré sa fille aînée, Elizabeth. Lorsqu’elle a disparu, le 28 août 1984, personne ne s’en était vraiment inquiété. Et pour cause : selon Josef Fritzl, elle avait laissé une lettre dans laquelle elle demandait que l’on n’essaie pas de la retrouver. Les autorités n’avaient pas cherché plus loin. La réalité est tout autre : pendant vingt-quatre ans, Elisabeth a vécu un calvaire. Deux décennies d’ignominies. Deux décennies pendant lesquelles elle a régulièrement été violée par son père. De cette relation incestueuse sont nés sept enfants. Trois ont été adoptés par Fritzl. Les quatre autres, avant d’être libérés, n’avaient jamais vu la lumière du jour.

L’enfant du lac

Dans la nuit du 29 au 30 mai, Antoine, 8 ans, est retrouvé par un promeneur en bordure du lac d’Apremont, en Vendée. Inanimé, mais vivant. Quelques jours plus tard, « l’enfant du lac » a rouvert les yeux. Puis raconté cette terrible nuit. « J’ai entendu maman crier. Elle criait pour que Cédric (NDLR : l’ex-concubin de sa mère) arrête […]. Après, il est venu dans ma chambre, il saignait au menton. […] Après, il m’a emmené au lac. Il m’a dit de sortir de la voiture. Il m’a dit "regarde là". Je me suis approché, il m’a poussé. Il me tenait par la main pour pas que je remonte. Il faisait froid… Après, je me rappelle plus. » Interpellé, Cédric Hornec, 29 ans, a été mis en examen pour homicide volontaire sur la personne d’Anne Duriez et tentative d’assassinat sur le petit Antoine. Aux enquêteurs, il a indiqué ne pas avoir « maîtrisé ses faits et gestes ».

Deux étudiants français retrouvés morts à Londres

Dimanche 29 juin, dans la soirée, Laurent Bonomo et Gabriel Ferez, 23 ans, sont retrouvés ligotés, bâillonnés et lardés de plusieurs dizaines de coups de couteau dans l’appartement qu’ils louaient dans le sud-est de Londres. Etudiants en 2e année de génie biologique à l’école Polytec de Clermont-Ferrand, ils étaient arrivés dans la capitale britannique deux mois plus tôt dans le cadre d’un stage de fin d’année. Ce sont les pompiers qui ont trouvé leurs corps après avoir éteint l’incendie qui commençait à ravager leur domicile. Un sinistre vraisemblablement allumé par leurs agresseurs présumés, Nigel Farmer, 33 ans, et Daniel Sonnex, 23 ans, deux marginaux soupçonnés d’être à l’origine d’un cambriolage qui a dégénéré en tuerie. « Je n’ai jamais vu de blessures semblables de toute ma carrière », avait confié un enquêteur. Laurent a été poignardé 196 fois. Gabriel, 47.

Dramatique accident au passage à niveau

Ce 2 juin, ils avaient commencé la journée par une visite du château d’Allinges. Puis la cinquantaine d’élèves du collège de Margencel et leurs accompagnateurs avaient pris place à bord d’un car, direction la cité médiévale d’Yvoire, sur les bords du lac Léman. Ils n’y sont jamais arrivés. A 14 h 10, le TER assurant la liaison entre Évian-les-Bains et Genève est entré en collision avec le bus alors que ce dernier franchissait un passage à niveau. Sept élèves, âgés de 11 à 13 ans, sont morts sur le coup. Le chauffeur, mis en examen pour « homicides et blessures involontaires », a toujours indiqué que le feu n’était pas rouge quand il a franchi les voies ferrées. De son côté, Eric Jandin, le professeur à l’origine de la sortie pédagogique, ne s’est jamais remis de cette journée. Il a mis fin à ses jours un mois et demi après le drame.
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Enquête

Rétrospective - Ces procès et faits divers qui ont marqué la fin 2008

Nombre de faits divers et procès auront encore émaillé cette année qui s’achève : la dispartion d'Antoine, 6 ans, les malheurs de Marc Machin, le procès du berger de Castellar et ses acquittés, l'interminable procès Ferrara et ses lourdes peines et un record final : le casse du siècle de l'avenue Montaigne...

16.jpgSon nom revient sur toutes les lèvres : Antoine, 6 ans, disparu en septembre dernier, dans le Puy-de-Dôme. Et depuis, sa mère, Alexandrine, qui ne cesse de lancer des appels désespérés pour qu’on retrouve enfin son fils. Deux mois plus tard, un homme de 26 ans retrouve l’air libre après six longues années passées derrière les barreaux. Marc Machin est innocenté du meurtre d’une femme en région parisienne. Pris de remords, l’assassin présumé s’est livré de lui-même à la police. En novembre, s’ouvre l’incroyable procès, celui du chasseur et de son neveu, qui reviennent, pour la troisième fois dans le box des accusés pour le meurtre du berger de Castellar. Leur acquittement prononcé, le mystère reste entier ! Tout aussi spectaculaire, l’interminable procès devant la cour d’assises d’Antonio Ferrara et sa lourde condamnation hors de la présence de ce dernier, ainsi que la peine de prison prononcée à l’encontre de l’avocat, Karim Achoui, aujourd’hui en grève de la fin. Une année 2008 qui s’achève aussi par un « record inégalé », celui du butin emporté lors du casse d’une bijouterie de luxe à Paris. C’était le casse du siècle !

Antoine, 6 ans, disparaît à Issoire

Le 11 septembre, à 21 h 47, Alexandrine Brugerolle de Fraissinette signale la disparition de son fils Antoine à la gendarmerie d’Issoire, dans le Puy-de-Dôme. Aux enquêteurs, elle raconte être partie ce soir-là dîner avec son ami, Sébastien. A leur retour, Antoine n’était plus là. Privilégiée dans un premier temps, la piste de la fugue est vite abandonnée. Fin septembre, Alexandrine, son compagnon et cinq autres personnes sont placés en garde à vue. Avant d’être relâchés. Depuis, l’enquête piétine.

Un coupable de trop

Le 7 octobre au matin, Marc Machin, 26 ans, condamné pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot au pont de Neuilly, en 2001, sort libre de la maison d’arrêt de Rouen après avoir bénéficié d’une suspension de peine. Il vient de passer six ans et dix mois derrière les barreaux. Pour rien : le 4 mars, David Sagno, un sans-domicile âgé de 34 ans, se livre spontanément dans un commissariat parisien en expliquant vouloir « se rédempter de ses crimes ». Puis avoue deux meurtres : ceux de Marie-Agnès Bedot et de Maria-Judith Araujo, toujours au pont de Neuilly, le 22 mai 2002. De nouvelles analyses menées sur les vêtements de la première permettront par la suite de détecter des traces d’ADN correspondant à celui de David Sagno. Depuis, ce dernier a été écroué. Marc Machin, lui, tente de reconstruire sa vie.

Les Verrando acquittés

Jeudi 12 novembre, dix-sept ans après l’assassinat du berger Pierre Leschiera, sauvagement abattu à Castellar (Alpes-Maritimes), la justice ouvre un troisième procès devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône. Après avoir acquitté le chasseur Alain Verrando en 2002, puis son neveu Jérôme en 2007, il est décidé, par un tour de passe-passe procédural sans précédent, de ramener les deux à la barre. Las ! la vérité ne surgira pas de la confrontation. L’avocat général renonce à requérir contre Jérôme, convaincu de son innocence « totale ». Quant à Alain, coupable un peu trop idéal, il est acquitté après deux heures de délibérations. La famille Leschiera, effondrée, repart d’Aix-en-Provence sans savoir qui a abattu Pierre. Elle entame une procédure contre l’Etat, pour faute lourde de la justice.

Juste peine pour Marc Cécillon

Mercredi 3 décembre, Marc Cécillon, cinq fois capitaine de l’équipe de France de rugby, est condamné à quatorze ans de réclusion criminelle pour avoir abattu, en 2004, son épouse Chantal de cinq balles de 357 Magnum. En première instance, il avait pris vingt ans. Cette fois, les assises du Gard ont écarté la préméditation. Les jurés ont été sensibles à « l’histoire tragiquement ordinaire d’une chute » qu’a racontée son avocat, Me Dupond-Moretti, faisant descendre le colosse de 49 ans de « l’Olympe des dieux du stade » pour le ramener « à hauteur d’homme. » Angélique et Céline Cécillon, ses filles, et Marinette Chapuis, mère de Chantal, unies dans la douleur, ont accueilli avec soulagement ce verdict humain.

Le casse du siècle

Le 4 décembre, en moins de cinq minutes, quatre malfaiteurs font main basse sur la joaillerie de luxe Harry Winston, avenue Montaigne à Paris. Quelques minutes qui valent de l’or. 85 millions d’euros exactement, soit le montant de leur butin. Le plus important vol toutes catégories jamais commis en France.

La honte du procès Ferrara

Lundi 15 décembre, la cour d’assises de Paris condamne Antonio Ferrara, hors sa présence et celle de ses défenseurs, à dix-sept ans de réclusion criminelle pour sa spectaculaire évasion de la prison de Fresnes. Sans être parvenus à établir leurs responsabilités, les juges infligent quinze ans à trois de ses supposés complices et la même peine à l’artificier Doumé Battini, absent lui aussi. La sanction, sévère au regard des peines dont écopent notamment les meurtriers, est frappée d’appel. A l’issue de cet interminable procès qui n’a rien prouvé, l’avocat Karim Achoui (sept ans de prison) est arrêté à l’audience et incarcéré, comme l’ancien surveillant de Fresnes, Hocine Kroziz, qui a trahi les siens. De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer une audience mal menée et émaillée d’incidents sans précédent.

 

 

 

09:00 Ecrit par EUROBERBERE dans Enquete | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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