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14.12.2008

Enquête

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Jeux vidéo - Le meilleur de l’année 2008

Jadis réservés aux plus jeunes, les jeux vidéo s’adressent aujourd’hui à toutes les générations.

04.jpgS’ils touchent un public de plus en plus large, les jeux vidéo ne sont pas encore totalement vus comme un loisir s’adressant à tous. L’offre proposée par ce secteur, pourtant, est d’une très grande diversité et le public ne s’y trompe pas :

le marché français a ainsi presque doublé en deux ans, dépassant les 2 milliards d’euros en 2007. De plus en plus nombreuses, les filles représentaient l’an passé 30 % de ce marché ; il y a fort à parier que cette proportion a encore augmenté en 2008. Autrefois réservés aux garçons adolescents, les jeux vidéo s’adressent donc désormais aux filles mais aussi aux plus de 30 ans ; comme, jadis, un célèbre hebdomadaire, ce loisir est destiné désormais aux jeunes de 7 à 77 ans, notamment grâce à la Wii, qui a su conquérir un public très large.

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Faire son choix, cependant, dans la multitude de titres proposés, en particulier à Noël, n’est pas chose aisée pour qui ne suit pas attentivement l’actualité des jeux vidéo. France-Soir vous propose donc un guide pour être sûr de ne pas vous tromper, grâce à une sélection des meilleurs jeux parus en 2008. De quoi faire plaisir sans se ruiner, puisque nombre de ces titres, parus il y a plusieurs mois, sont maintenant disponibles en version platinum ou en occasion, soit jusqu’à moitié prix. Voici donc le meilleur de l’année 2008, classement forcément subjectif mais répertoriant indéniablement des titres de très grande qualité.

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Enquête

“La Chine n’arrive plus à contrôler son image”, Valérie Niquet

Valérie Niquet est directrice du Centre Asie à l’Institut français des relations internationales, elle tente d'expliquer la drégadation des relations sino-françaises.

FRANCE-SOIR. La France n’est pas le seul Etat à avoir rencontré le dalaï-lama. Pourquoi des réactions si dures de la Chine ?
VALÉRIE NIQUET.
L’argument officiel est de dire que la France entretenait des relations étroites avec la Chine depuis de Gaulle, et qu’elle devrait lui 05.jpgfaire allégeance. La réalité, c’est qu’elle a beaucoup de mal à comprendre la stratégie du président Sarkozy, qui souffle le chaud et le froid. Il a fait un voyage en Chine fin 2007 extrêmement positif, duquel il est revenu avec 20 milliards de contrats. Les gouvernants chinois ont pensé que les relations seraient comme ça durant tout le mandat. Ils n’ont pas compris les polémiques avec les JO, tout comme l’annonce surprise, quelques jours avant le sommet UE-Chine, de la rencontre avec le dalaï-lama. C’est une maladresse du côté français et une déception du côté chinois.

On a l’impression que le rêve chinois se fissure peu à peu…
Oui, pendant longtemps, on a considéré la Chine avec admiration. Mais depuis quelques mois, on assiste à un retournement de son image. La raison est simple : elle joue un rôle de plus en plus important, on la connaît de mieux en mieux, et on s’aperçoit de tout ce qui ne va pas. Il y a une normalisation de la vision de la Chine. Elle se développe trop vite et n’arrive plus à contrôler son image.

La récente colère à propos de la rencontre avec le dalaï-lama reflète-t-elle celle de tout un peuple ou seulement d’un gouvernement ?
Quand on va en Chine, on se rend vite compte que le peuple a bien d’autres préoccupations plus graves. Il se soucie énormément de la crise, qui le touche de plein fouet, et ne suit pas les questions politiques. Quand il y a des images fortes, comme le passage de la flamme malmenée à Paris, le peuple est ému et se mobilise. Mais pour cette rencontre, ce n’est pas une photo du Président et du dalaï-lama qui va les concerner.

Les craintes sur les produits « made in China » sont-elles justifiées ?
Cela recouvre un des graves problèmes de la crise économique. La Chine est un pays très pauvre, malgré l’image de prestige qu’elle se donne. Sa croissance est basée sur sa capacité à s’exporter, qui fonctionne grâce à des prix très bas. Ces prix défient toute concurrence à cause des salaires, mais surtout parce qu’elle n’appliquait jusqu’à présent aucune norme sociale, écologique, de sécurité, etc. Depuis un an, en raison de graves problèmes de qualité, on lui impose d’appliquer ces normes. Or les entreprises n’en ont pas les moyens, donc beaucoup font faillite en ce moment ! La situation est très grave, et le peuple chinois en est la première victime.

Comment pourrait-on normaliser la relation ?
Il faudrait que Pékin comprenne où sont les priorités, surtout en temps de crise. Les pouvoirs chinois doivent apprendre à être critiqués. Côté français, il faudrait une stratégie plus ferme et plus cohérente.

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La marche en avant de la Chine a-t-elle des limites ?

Jamais les relations franco-chinoises n’ont été aussi tendues et délétères. Un prétexte : la question tibétaine. En toile de fond : la guerre économique.

06.jpgAinsi que l’écrivait pertinemment feu Alain Peyrefitte en 1996, « la Chine s’est éveillée ». Mais force est de constater qu’elle fait encore la grasse matinée sur les droits de l’homme. Quant à la funeste prophétie de Napoléon selon laquelle le monde devait trembler une fois le géant chinois sorti de sa torpeur, elle s’est réalisée : les économies occidentales sont secouées par les délocalisations – notamment vers l’empire du Milieu – et croulent sous les produits à prix imbattables massivement importés. Bref, le « péril jaune » menace. Voilà pour les constats, et les clichés (emprunts d’un certain racisme).

Toute l’ambivalence de la relation franco-chinoise est là : la France ne peut se passer d’un tel partenaire économique, qu’elle redoute par ailleurs. De surcroît, la Chine contraint les plus hautes autorités françaises à d’étranges contorsions censées concilier les nécessaires leçons de morale droit-de-l’hommiste et la realpolitik.

La France doit « payer le prix fort »

Jamais les relations sino-françaises n’ont été aussi délétères. Le feu couvait depuis des mois. Et la récente rencontre de Nicolas Sarkozy avec le dalaï-lama a été le souffle qui a déclenché l’incendie. Hier, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner s’efforçait de jouer au pompier, précisant que la France n’avait en rien voulu « offenser » la Chine avec cette entrevue. « Nous ne pensons pas que l’explication soit valable et que cela résoudra les difficultés actuelles », a rétorqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Liu Jianchao. « La France devrait être pleinement consciente de la gravité de la situation présente, prendre sérieusement en compte les inquiétudes de la Chine ainsi que des mesures concrètes pour établir des conditions favorables au développement sain des relations sino-françaises », a-t-il poursuivi. Pour les mal-comprenants, Le Quotidien du peuple, voix officieuse du régime de Pékin, écrivait à propos de la rencontre Sarkozy-dalaï-lama qu’elle constituait une « provocation malveillante et malintentionnée [qui] va à l’encontre des intérêts vitaux de l’unification nationale de la Chine, c’est pourquoi il sera tout à fait naturel [que la France] paie à prix fort ».

« Danseurs de tango »

Encore un peu et la diplomatie chinoise en serait à renouer avec les amabilités éructées en leur temps à l’adresse de l’ennemi américain, lorsqu’elle n’hésitait pas à traiter les dirigeants de Washington de « danseurs de tango ». Eu égard à la tournure que prennent les événements, certains, y compris au sein de la majorité, se demandent désormais si Nicolas Sarkozy n’aurait pas mieux fait de recevoir le chef spirituel tibétain à l’Elysée et en grande pompe, plutôt que de l’entrevoir une demi-heure en catimini et entre deux portes en Pologne. Tant qu’à payer le prix fort, autant que ce soit pour une raison valable.

Curieusement, les violentes attaques – des dirigeants chinois et non de leur population – dirigées contre la France n’émeuvent pas outre mesure les fervents défenseurs habitués et habituels des droits de l’homme. Après la quinzaine birmane et les meetings enflammés à la Mutualité en faveur du Darfour, l’indignation pro-tibétaine semble marquer le pas. La fatigue, sans doute.

Tandis que le chœur des belles âmes se fait discret, celui, outré, du « patriotisme économique » donne de la voix contre le déferlement de produits chinois en France, qui font certes le bonheur des enfants au pied du sapin mais le malheur des ouvriers privés d’emploi dans les usines. Mais au fait, combien faut-il que les Chinois nous vendent de jouets en plastique et de chemisettes pour nous acheter un Airbus ?

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“La langue, c’est un corps vivant qui se renouvelle sans cesse”, Bernard Pivot

Certes « l’orthographe et la grammaire n’ont plus la cote », constate le journaliste, écrivain et homme de télé. Mais « c’est parce que la langue change qu’elle survit ».

07.jpgFRANCE-SOIR. Vous venez de publier Cent Expressions à sauver, dans la langue française. Vous considérez-vous comme un gardien du langage, un croisé de la langue française ?
BERNARD PIVOT.
Je me considère plutôt comme un écologiste : on a raison de sauver des plantes, des animaux, des arbres. Je ne vois pas pourquoi on n’étendrait pas notre désir de survie aux mots. Ils sont indispensables à notre vie, il faut les aimer, les protéger.

Estimez-vous que notre langue soit en danger ?
J’essaie de sauver des expressions qui risquent de disparaître, mais de nouveaux mots apparaissent tous les ans dans le dictionnaire. Le vocabulaire est un corps social qui a sa propre activité. Certains mots s’essoufflent, d’autres meurent. La langue, c’est un corps vivant qui se renouvelle sans cesse. Elle est toujours en effervescence.

Pourquoi cette évolution de la langue française ?
La langue est le reflet des techniques et des mentalités. L’évolution de la langue française est normale. Les techniques ne sont plus les mêmes qu’il y a cinquante ans. A l’époque, il n’y avait ni ordinateur ni téléphone portable. Ces mots n’existaient pas. Heureusement que le langage a évolué depuis, sinon ce serait dramatique. Les techniques, la science évoluent, nos codes et nos valeurs se transforment. C’est parce que la langue change qu’elle survit.

Pensez-vous qu’il existe des mots indémodables ?
Les mots tulipe, rose, poulet, artichaut nomment une chose très précisément et ne peuvent pas disparaître. Il y a aussi des mots qui ne vieillissent pas comme la paix, l’amour, l’amitié. Ce sont les concepts qui changent.

Parle-t-on plus mal aujourd’hui ?
Je dirais que l’on écrit plus mal, car l’orthographe et la grammaire n’ont plus la cote qu’elles avaient autrefois. Si on compare notre langue actuelle à celle parlée au XVIIIe siècle par les nobles et par le clergé, c’est sûr que l’on parle moins bien. Le français tel qu’il est parlé aujourd’hui est souvent déficient, notamment dans les liaisons et dans la ponctuation orale. La manière de parler a beaucoup changé. Aujourd’hui on mange les négations. Du point de vue du puriste, c’est vrai qu’on parle plus mal qu’il y a vingt ou cinquante ans, mais nous parlons d’une façon vivante qui correspond à notre époque.

Dans votre livre, quelle expression préférez-vous ?
J’aime beaucoup l’expression « aller se faire lanlaire », ce qui signifie « aller se faire voir ». Barbara l’avait employée dans une de ses chansons.

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Enquête

SOS expressions françaises

Après la publication de Cent Mots à sauver, en 2006, Bernard Pivot revient en librairie (*) avec un nouveau cheval de bataille : le sauvetage d’expressions bien de chez nous qu’il faut, selon lui, absolument préserver.

08.jpgRevoilà Bernard Pivot. On le sait bien : l’ancien animateur de la célèbre émission Apostrophes aime la langue française et ses mots. Pour lui, les expressions ont de la couleur, de l’humour, de la poésie. Alors « pourquoi ne pas en sauver quelques-unes de l’oubli » ? Dans une « démarche écologique », Pivot se fait le défenseur des expressions en voie de disparition, un peu comme pour les animaux rares que l’on protège afin de sauvegarder la biodiversité.

Ces locutions en péril, Bernard Pivot les a recueillies au fil de ses lectures chez Jean Giono, François Nourissier, Colette, Julien Gracq… Et même dans les journaux.

Certaines ne semblent pourtant pas menacées : avoir le béguin (être amoureux), sortir de ses gonds (s’énerver), blague à part (sérieusement), fort de café (inadmissible), fille de joie (prostituée), pas tes oignons (indiscret). La langue française se transforme avec le temps. On trouve dans ce livre des expressions qui ne se disent plus « telles quelles ». Ainsi, au lieu de « fagoté comme l’as de pique », on dit plutôt « habillé comme un as de pique »…

Jeunes générations et nouveau vocabulaire

Ces changements sont souvent irrémédiables. Les Français choisissent leur langage comme leur culture. Elle est un corps qui vit, qui souffre, qui meurt et qui renaît sans arrêt. Notre belle langue boit son bouillon d’onze heures (boisson empoisonnée). Le temps fait son œuvre et il est logique que certaines locutions disparaissent. Dans ce livre, certaines des expressions que Bernard Pivot a retenues ont déjà disparu… chassées par les jeunes générations et leur nouveau vocabulaire. Il est peut-être trop tard pour les sauver. Des expressions nouvelles remplacent les anciennes. Bernard Pivot cite quelques exemples récents comme « pété de thunes » (riche) ou bien « maquillée comme un passeport libanais » (très mal).

La liste de ces expressions à sauvegarder n’est pas exhaustive. C’est une accumulation de formidables trouvailles : s’attarder aux bagatelles de la porte (préliminaires), jouer du manicordion (être adultère), être dans les vignes du Seigneur (ivre). Mais le risque est grand de ne pas se faire comprendre.
A chacun de la compléter à sa guise dans les pages blanches réservées à cet effet à la fin du livre.

(*) Cent Expressions à sauver, de Bernard Pivot, éd. Albin Michel, 144 p., 12 euros.

 

 

 

11:22 Ecrit par EUROBERBERE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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