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07.09.2008

Les Polonais

Les Polonais s'impatientent un an après l'arrivée du gouvernement libéral

h_1_ill_1092376_542103.jpgLes Polonais attendent toujours le "miracle économique" promis avant les élections législatives de l'automne 2007, remportées par les libéraux, et s'impatientent. Conscient de la baisse de sa popularité à peine un an après son arrivée au pouvoir, le gouvernement de Donald Tusk a annoncé de grandes réformes, concernant le système de santé, les finances publiques et les retraites, ainsi qu'une série de mesures destinées à simplifier le système administratif pour les entreprises et les particuliers.

La réforme du système de santé. Il s'agit du dossier le plus sensible de cette rentrée polonaise. Les hôpitaux et autres établissements du secteur sont actuellement aux mains de l'Etat. Profondément endettés, ils sont mal équipés. Et les Polonais sont contraints d'attendre plusieurs mois pour pouvoir consulter un spécialiste.

Le gouvernement programme un désendettement partiel des établissements de santé, puis leur transformation en sociétés gérées par l'administration locale et non plus directement par le ministère de la santé.

Ce projet de la Plate-forme civique (PO), le parti au pouvoir, provoque la colère de l'opposition. Les conservateurs de Droit et Justice (PiS) des frères jumeaux Kaczynski ainsi que la gauche post-communiste accusent les libéraux de vouloir, par le biais de cette réforme, privatiser l'ensemble du secteur de la santé.

La restructuration des

chantiers navals. Autre dossier explosif : la Pologne a jusqu'au 12 septembre pour déposer auprès de la Commission européenne des projets de restructuration fiables des chantiers navals de Szczecin (nord-ouest) et de Gdynia (nord), appartenant à l'Etat, et dans une plus faible mesure de ceux de Gdansk, berceau du syndicat Solidarité. Le rejet par la Commission de ces projets impliquerait le remboursement par ces entreprises des aides publiques reçues au cours des dernières années, et que Bruxelles considère comme contraires aux règles de la libre-concurrence.

Profondément endettés, les chantiers de Gdynia et de Szczecin seraient obligés de rembourser 2,1 milliards d'euros, ce qui signifierait leur faillite immédiate. Outre leur caractère hautement symbolique, des fermetures constitueraient un coup dur pour le marché du travail, l'industrie navale employant, sous-traitants compris, quelque 60 000 personnes en Pologne.

Finances publiques. Le gouvernement Tusk promet également une réforme destinée à assainir les finances publiques et à améliorer leur gestion. Il s'agit d'introduire de nouveaux leviers de sécurité interdisant de programmer d'importantes dépenses budgétaires si la dette publique dépasse 52 % du produit intérieur brut (PIB). Actuellement, la Pologne affiche une dette s'élevant à 47,4 % du PIB.

Préretraites. Le gouvernement veut supprimer ou baisser les pensions de retraite anticipée dans plusieurs corps de métier : cheminots, enseignants, artistes, journalistes... La nouvelle loi, qui doit entrer en vigueur début 2009, n'accorderait des préretraites qu'à 190 000 personnes maximum, contre 1,3 million aujourd'hui. Un projet contre lequel plus de 20 000 personnes ont manifesté à Varsovie le 29 août (Le Monde daté 31 août-1er septembre).

Simplifications administratives. Les entrepreneurs et les citoyens Polonais attendent surtout la mise en oeuvre des centaines de mesures de simplification administrative, qui leur faciliteraient la vie au quotidien. Une commission parlementaire spéciale - dite "Etat transparent" - y travaille : elle traque notamment les nombreuses absurdités de la législation polonaise.

La création de cette commission était une des principales promesses électorales des libéraux. Promesse tenue. Mais aucune des propositions faites par cette instance n'a encore abouti à l'adoption d'une loi.

08:39 Ecrit par EUROBERBERE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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