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29.08.2008
POLITIQUES
RSA - Nicolas Sarkozy “révolutionne” la justice sociale
En confirmant le financement de la nouvelle allocation par les revenus du capital, le président place son action sur le terrain social.
C’est en Mayenne, un des 34 départements qui expérimentent le revenu de solidarité active (RSA), que Nicolas Sarkozy a officiellement annoncé, hier, la généralisation de ce complément de revenus pour les allocataires du RMI. Cette aide, qui vise à inciter les bénéficiaires de minima sociaux à reprendre un travail, sera généralisée en juillet 2009.
Concrètement, une personne touchant le RMI et qui retrouve un travail pourra cumuler la nouvelle allocation avec son salaire. Le chef de l’Etat a confirmé son financement fondé sur une taxe sur les revenus du capital : « Je financerai ce nouveau RSA en créant une surtaxe de 1,1 % sur les revenus du patrimoine et de placements. »
Ce choix de financement suscite des réactions à gauche mais aussi au sein de la majorité. Edouard Balladur se réjouit « de l’institution du RSA » mais n’est pas « favorable à une éventuelle augmentation d’impôt pour le financer ». Certains élus UMP s’étonnent de la politique fiscale incohérente du chef de l’Etat. Parmi eux, Hervé Mariton, hostile à la mesure, ironise : « Chaque fois qu’on a une bonne idée, on ne va pas créer un impôt nouveau, sinon on n’est pas sorti de l’auberge. » Pour pallier les critiques, le chef de l’Etat a rappelé qu’il avait supprimé les droits de succession « pour 95 % des Français » et baissé le plafond du « bouclier fiscal » à 50 % des revenus. Nicolas Sarkozy ne s’est d’ailleurs pas montré inquiet face aux voix discordantes : « Il n’y a pas de grosses critiques, il y a un débat, ce qui est tout à fait normal. » « La majorité doit se saisir de ce problème de l’insertion et de la justice, sinon elle se caricature », a-t-il averti, considérant que cette mesure n’est « ni de droite ni de gauche ».
« Révolution complète »
A Laval, le Président a tenu à montrer son engagement sur le terrain social et sa volonté de venir en aide aux plus démunis : « J’estime qu’il est normal, dans un effort de solidarité, que chacun contribue à sortir 3 millions de nos compatriotes de la pauvreté ou de l’exclusion. » Nicolas Sarkozy en a également profité pour remettre en avant une valeur qui lui est chère : le travail, précisant « ce n’est pas une allocation de plus, c’est le travail qu’on récompense ».
Et d’ajouter : « Personne ne perdra un centime quand il passera de l’assistanat au travail. C’est une révolution complète dans la définition de nos politiques sociales. » Contrairement à ce que redoutaient l’opposition et les syndicats, la prime pour l’emploi, autre mécanisme d’incitation au retour sur le marché du travail, ne sera pas supprimée, mais elle ne sera pas indexée sur l’inflation en 2009. Après avoir porté le projet, Martin Hirsch, haut commissaire aux Solidarités actives – un des symboles de l’ouverture à gauche –, a souligné que le soutien du chef de l’Etat avait été « déterminant » pour que cette réforme voie le jour.
12:49 Ecrit par EUROBERBERE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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