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29.08.2008
France soir, 12 août 2008 :
France soir, 12 août 2008 : Entretien avec Danielle Mitterrand
FRANCE-SOIR : D’où vient votre volonté de vous engager en faveur de l’accès à l’eau pour chacun ?
DANIELLE MITTERRAND : Ce n’est pas une volonté de ma part, mais une nécessité née de l’évidence que le risque de manque d’eau potable met l’avenir de l’espèce humaine en grand danger de disparition à plus ou moins long terme. Depuis bientôt vingt-cinq ans, France Libertés, la fondation que je préside, et qui revendique le respect des droits de l’homme et l’autodétermination des peuples, en a conclu que le droit à l’accès à l’eau potable est un droit préalable à tout développement équitable.
Quelles solutions concrètes, pratiques, proposez-vous pour favoriser l’accès à l’eau ?
Depuis plus de dix ans, un travail de sensibilisation auprès des populations nous a conduit à décortiquer la politique de gestion de l’eau recommandée par l’économie libérale et à dénoncer le système de privatisation qui se substitue aux pouvoirs publics, normalement soucieux de l’intérêt général, dans leur responsabilité d’apporter l’eau à l’ensemble de la population. La recherche du profit conduit les multinationales à s’intéresser exclusivement à une clientèle solvable au détriment des plus pauvres et des plus vulnérables, victimes de cette nouvelle inégalité.
Il est ressorti d’un travail issu de rencontres internationales une proposition de gestion de l’eau diffusée par les « Porteurs d’eau », dont la charte repose sur trois principes fondamentaux : la non-commercialisation de l’eau ; sa restitution à la nature dans sa pureté initiale et la reconnaissance de son accès comme un droit de l’homme, inscrite dans toutes les constitutions.
Selon vous, est-ce que les organisations internationales, comme l’ONU, s’investissent suffisamment dans cette mission ?
Le rappel du sommet de Rio en 1992 nous incite à douter de la volonté politique des Etats membres de l’ONU qui non seulement ont laissé lettre morte leurs belles intentions de fournir l’eau potable partout où elle faisait défaut en 2000, mais ont rabaissé leur ambition à Kyoto, en 2003, en ne prévoyant l’accès qu’à la moitié seulement des exclus, en 2015, sans fixer d’échéance pour les autres, s’ils sont toujours là...
Est-ce difficile de permettre à chaque être humain d’avoir accès à l’eau ?
Ce n’est pas un problème de ressource, mais un problème de répartition et d’assainissement, donc de gestion. Le système économique tout-puissant qui dicte ses directives aux Etats, paralyse la volonté politique de nos dirigeants, les détourne de leur devoir de satisfaire les besoins vitaux de leurs administrés. La difficulté n’est pas d’ordre technique mais seulement d’ordre politique, mue par la seule recherche du profit à court terme alors que la solution de ces problèmes exige des investissements à long terme.
Etes-vous favorable à un droit inaliénable à l’accès à l’eau ?
C’est un des trois principes fondamentaux de la charte des « Porteurs d’eau ». L’eau n’étant pas une marchandise, c’est le service de l’eau qui a un coût. Et une bonne gestion se doit de servir gratuitement à tout individu les 40 litres d’eau nécessaires au respect de la vie, selon l’Organisation mondiale de la santé. Ce qui ne s’oppose pas à une facturation du service de la consommation qui dépasse ce seuil vital.
Que pensez-vous de la loi Oudin adoptée en France en 2005 ?
C’est une façon comptable de rassurer les consciences de nos élus avec l’argent du contribuable, mais qui pour moi n’est qu’un palliatif qui ne répond pas aux exigences de la situation.
Edition France Soir du mardi 12 août 2008 n°19873 page 2
12:53 Ecrit par EUROBERBERE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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Commentaires
Pour souligner l’incohérence de ces propos je vous necourage à lire attentivement sa réponse au droit inaliènable à l’accès à l’eau. Elle reconnait que les services de l’eau ont un coût mais que la bonne gestion veut qu’on distribue 40 litres gratuitement et qui est censé payer les 40 litres gratuits ? Doit on rappeler à cette Dame que de nombreux états n’ont pas les moyens de financer les investissements et que s’il n’y a pas une part contributive des populations ces démarches sont vouées à un échec annoncé. Je suis un militant associatif engagé et je dénonce la politisation des problèmes tels que l’accès à l’eau qui ne sert qu’a permettre à des personnes de continuer à rester sur les feux des projecteurs alors que pendant ce temps là il y en a qui bossent dans l’ombre. Alors je concluerai par action plutôt que dénonciation !!!
Ecrit par : Rohmer | 08.09.2008
Répondre à ce commentaireIl faudrait au contraire pousser davantage les entreprises à investir, à créer de l’emploi. Dans beaucoup de pays, les gens sont prêts à payer pour avoir de l’eau potable de qualité, y compris les plus pauvres, qui, bien souvent, doivent déjà se fournir chez les porteurs d’eau. Ces réseaux ne sont hélas qu’une petite rustine sur une grosse fuite.
Ecrit par : Montet | 06.10.2008
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