28.10.2009

Angolagate

Gaydamak condamné à 6 ans de prison

Attendu en Israël d'ici quelques semaines - pour affronter un procès dans lequel il est accusé de fraude et blachiment -, Arkadi Gaydamak pourrait être extradé vers la France, ont déclaré ses avocats mercredi.

Arkadi Gaydamak.

Le magnat israélo-russe, Arkadi Gaydamak, a été condamné à six ans de prison, mardi, par le tribunal correctionnel de Paris. Il était l'un des principaux accusés dans une affaire de trafic d'armes avec l'Angola, dite l'Angolagate.

Gaydamak a été condamné pour commerce d'armes, trafic d'influence et blanchiment d'argent.

Lui et l'homme d'affaires Pierre Falcone (également condamné à six ans de prison ferme pour trafic d'influence, commerce d'armes et abus de biens sociaux) sont accusés d'avoir, de 1993 à 1998, vendu à l'Angola, alors en pleine guerre civile, des armes provenant de l'ancien bloc soviétique, sans avoir reçu d'autorisation de la France.

L'économiste, et ancien conseiller de François Mitterrand, Jacques Attali et le magistrat Georges Fenech ont de leur côté été relaxés par le tribunal.

Jean-Christophe Mitterrand - fils de l'ancien président François Mitterrand - a écopé de deux ans de prison avec sursis. L'ancien Premier ministre, Charles Pasqua, devra payer une amende de 100 000 euros, en plus de servir un an de prison.

En tout, 42 personnes étaient accusées d'avoir, soit participé à l'organisation de ce trafic de 790 millions de dollars, soit bénéficié de "pots-de-vin" distribués par les deux associés ayant mis ce commerce sur pied, Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak.

Le scandale avait éclaté en 2000, après sept ans de trafic.

Le procès de l'Angolagate a débuté le 11 novembre 2008, à Paris. Date des dernières élections municipales israéliennes, pour lesquelles Arkadi Gaydamak s'était présenté à la mairie de Jérusalem.

Il a été inculpé en octobre 2008 par le tribunal d'instance de Tel-Aviv pour avoir blanchi 650 millions de shekels et pour fraude. Bien que Gaydamak possède également la nationalité française, il n'était pas présent au moment de l'annonce de sa condamnation.

Il nie toute responsabilité dans l'affaire depuis le début du procès. Actuellement en Russie, il est encore incertain s'il compte se rendre à Paris pour servir sa peine. Aucun accord d'extradition n'existe entre la France et la Russie. En revanche, s'il se déplace prochainement en Israël, comme le stipulent ses avocats, il pourrait être extradé.

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Angolagate

l'Elysée était au courant du trafic d'armes comme le dit Pasqua, relève le jugement du tribunal

 

L'ancien ministre Charles Pasqua arrive au palais de justice le 6 octobre 2008

L'Elysée était bien au courant "au plus tard à la fin de l'année 1995" de l'existence d'un trafic d'armes vers l'Angola comme l'a affirmé mardi soir Charles Pasqua, condamné à un an ferme dans l'affaire de l'Angolagate, relève le jugement du tribunal correctionnel de Paris.

L'Elysée était bien au courant "au plus tard à la fin de l'année 1995" de l'existence d'un trafic d'armes vers l'Angola comme l'a affirmé mardi soir Charles Pasqua, condamné à un an ferme dans l'affaire de l'Angolagate, relève le jugement du tribunal correctionnel de Paris.

"Le président de la République (de l'époque, ndlr) était au courant de l'affaire de ventes d'armes à l'Angola, le Premier ministre était au courant, la plupart des ministres aussi (...) je crois que le moment est venu de mettre les choses au clair", a déclaré le sénateur Charles Pasqua sur France 2.

Dans son jugement rendu mardi dans l'affaire de l'Angolagate, ce vaste trafic d'armes à destination de l'Angola organisé notamment par Pierre Falcone entre 1993 et 1998, le tribunal va dans le même sens et dénonce "l'incurie" des autorités, sans pour autant exonérer les prévenus de leurs responsabilités.

"Les personnes poursuivies ne pourraient être tributaires de l'incurie des autorités françaises dont il était certain qu'elles avaient connaissance des faits, au plus tard à la fin de l'année 1995", note le tribunal.

A l'appui de cette assertion, le tribunal mentionne une note de la DGSE du 6 décembre 1995 rédigée pour "l'état-major particulier, le cabinet, le secrétaire général et le conseiller pour les affaires africaines à la présidence de la République" et pour les ministères de la Défense et des Affaires étrangères.

"Le gouvernement angolais a reçu de grandes quantités de matériel militaire provenant de certains pays de l'Est et de la Russie par l'entremise d'un intermédiaire français non-autorisé", révèle cette note citée dans le jugement et qui mentionne "la société franco-slovaque ZTZ-OSOS dirigée, entre autres par un Français, Pierre Falcone".

Pour le tribunal, les autorités "avaient le devoir conformément à l'article 40 du code de procédure pénale, de révéler au procureur de la République des faits délictueux dont elles avaient eu connaissance dès le 6 décembre 1995".

M. Pasqua a été condamné mardi pour trafic d'influence à trois ans de prison, dont deux ans avec sursis et une amende de 100.000 euros, par le tribunal correctionnel de Paris. Il a annoncé qu'il allait faire appel de sa condamnation.

14:41 Ecrit par EUROBERBERE dans Angolagate | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook