24.04.2009
Afrique du Sud
Afrique du Sud : la victoire annoncée de Jacob Zuma

Promis juré, "nous n'allons pas user de notre victoire pour bulldozer les autres dans la soumission. Promis juré , je resterai accessible à la presse pourvu qu'elle soit honnête et objective avec nous". Mardi, à la veille des élections générales du 22 avril, pour son ultime conférence de presse dans un grand hôtel de Johannesburg, l'homme qui deviendra dès la semaine prochaine le quatrième président de la "nation arc-en-ciel" a choisi de se montrer sous son meilleur jour. Tour à tour charmeur, rieur, chaleureux et décontracté – costume sombre, chemise ouverte, une main dans la poche – Jacob Zuma, debout derrière les micros, s'efforce, en politicien professionnel qu'il est, de ne pas répondre aux questions trop précises sur son programme.
En Afrique du Sud, c'est l'ANC (Congrès national africain), le parti au pouvoir depuis quinze ans, qui rédige les promesses électorales. Si elles sont toutes tenues, elles coûteront cher. "Nous avons inclus, dans nos prévisions, le contrecoup de la crise économique en cours", assure le président de l'ANC. Toujours dominé par des Blancs, le "big business" qui sait, comme tous ici, l'inéluctabilité de la nouvelle victoire de l'ANC n'a pas pris la fuite. Zuma ne semble pas inspirer à la Bourse une inquiétude particulière.
L'immense majorité des Blancs et une partie des nouvelles élites noires voient en lui l'archétype du chef africain polygame et corrompu. A 77 ans, l'archevêque Desmond Tutu, la conscience morale du pays, n'a jamais digéré ses frasques, son procès pour viol – clos en 2006 par un acquittement –, ses inculpations pour corruption, toutes retirées par le parquet trois semaines avant l'élection de ce 22 avril. "Zuma n'est pas du tout un modèle à suivre pour notre jeunesse, martèle le Prix Nobel de la paix 1984. Il n'a pas les qualités qu'il faut pour diriger notre nation."
Peut-être. Mais, "dans les masses", comme on dit à l'ANC, Jacob Zuma, le "survivant", l'"indestructible", comme l'appellent les gazettes, est immensément populaire. Cent fois, depuis quinze ans, on l'a donné pour politiquement mort. Aujourd'hui, à 67 ans, dont cinquante passés à l'intérieur du parti à en gravir tous les échelons, l'ancien chef des services de renseignement de l'ANC clandestine poursuit sa quatrième vie. Au pinacle.
La première a commencé le 12 avril 1942 dans une case misérable de Nkandla, un village perdu du Zoulouland où l'ancien exilé aime encore à se retrouver "le plus souvent possible", au milieu de ses vaches, de ses demi-frères et sœurs, de ses femmes et de ses dix-huit enfants. "Je ne suis pas issu d'une famille princière [comme Mandela], je ne suis pas un grand homme d'affaires [comme nombre d'anciens cadres de l'ANC entrés dans le business], je ne suis pas quelqu'un de très important", a-t-il confié.
Son père, modeste policier tribal, meurt quand il a 3 ans. Sa mère fait le ménage chez des Blancs. Le jeune Jacob Gedleyihlekisa – ce prénom zoulou est une injonction à la méfiance envers "ceux qui feignent de vous aimer"– garde les vaches. Il ne fréquente pas l'école.
A 17 ans, garçon de course illettré à Durban, il entre à l'ANC, pas encore interdit par l'apartheid. Sa seconde vie commence.
Quatre ans après, à l'âge de 21 ans, alors qu'il use déjà de ses dons d'organisateur et de leader pour recruter des activistes pour la branche militaire du parti, il est arrêté et condamné à dix ans de prison. Incarcéré à Robben Island, il va côtoyer Nelson Mandela et d'autres qui vont l'aider à parfaire sa formation. Il apprend à lire, à écrire, à débattre. Libéré en 1973, il rejoint la clandestinité et devient le chef du service de renseignement de l'ANC.
Il participera aux négociations secrètes avec le pouvoir blanc finissant, à la fin des années 1980. Sa troisième vie est sur le point de commencer. En 1990, Mandela et ses compagnons sont libérés. Jacob Zuma est dans les instances dirigeantes du parti. Quand Thabo Mbeki devient président, et de l'ANC et du pays en 1999, Jacob Zuma, dont "Mbeki l'intellectuel" est sûr de n'avoir rien à craindre, est son second. En 2005, le président change d'avis, prend prétexte de l'enquête ouverte à l'encontre de son fidèle lieutenant pour corruption présumée, et le limoge. Zuma ne dit pas un mot et se retire.
Cette fois encore, tous les experts de la chose publique le voient définitivement fini. Il reviendra en star militante. En décembre 2007, il est plébiscité à la tête de l'ANC avec 60% des mandats contre un Mbeki qui, n'ayant pas mesuré son impopularité croissante, sollicitait un troisième mandat. La quatrième vie de Zuma s'est ouverte à ce moment-là. Il n'est pas écrit qu'elle sera brève.
"L'homme a du charisme, il est chaleureux, proche du peuple et les gens d'en bas se reconnaissent en lui", écrit son biographe Jeremy Gordin. Certes, le Zoulou polygame et autodidacte qu'il revendique être déplaît aux intellectuels enfermés dans leurs "préjugés modernistes", dit Xolela Mangcu, un commentateur vedette. En fait, "il n'est pas du tout le primaire illettré qu'il se plaît à jouer". L'Afrique du Sud retient son souffle.
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23.04.2009
L'ANC serait en tête
L'ANC serait en tête des législatives en Afrique du Sud

Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994 en Afrique du Sud, a remporté plus de 62 % des suffrages aux élections législatives de mercredi, selon un décompte partiel portant sur 10 % des inscrits, a indiqué jeudi la Commission électorale. L'ANC recueille 62,67 % des 2,35 millions de bulletins de vote dépouillés tôt jeudi matin, selon le dernier décompte affiché dans les quartiers généraux de la Commision à Pretoria.
L'Alliance démocratique (DA, issue de l'ancienne opposition sous l'apartheid) dispose pour l'instant de 20,22 % des voix. La DA avait remporté 12 % lors du dernier scrutin. Le Congrès du Peuple (COPE, formé en décembre par des dissidents de l'ANC) a rassemblé 7,63 % des voix.
L'ANC arrive en tête dans huit des neuf provinces du pays, la DA le dépassant dans le Western Cape (sud-ouest). Plus de 23 millions d'électeurs étaient inscrits pour renouveler l'Assemblée nationale et les Parlements proviciaux, lors de ce quatrième scrutin national depuis la fin de l'apartheid en 1994.
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20.04.2009
Afrique du Sud
Afrique du Sud, l'ANC fait salle comble pour son dernier meeting

Nelson Mandela, dimanche 19 avril.
Plus de 100 000 militants du parti au pouvoir en Afrique du Sud se sont réunis, dimanche 19 avril, dans un stade de Johannesburg pour le dernier meeting du Congrès national africain (ANC) avant les élections générales de mercredi. Le rassemblement, baptisé Siyanqoba (victoire, en zoulou), avait un avant-goût de célébration, les sondages créditant l'ANC de plus de 60 % des suffrages, comme lors des trois autres scrutins nationaux depuis l'avènement de la démocratie en 1994.
Le stade d'Ellis Park, situé dans le célèbre township de Soweto s'est rempli dès les premières heures d'une marée jaune et noire, les couleurs de l'ANC. Chantant et dansant, les militants du parti attendaient dans une ambiance électrique leur candidat à la présidence, Jacob Zuma. Celui-ci doit prononcer un discours à la mi-journée, qui sera retransmis à la radiotélévision publique et sur écrans géants dans d'autres grandes villes du pays.
Mais c'est l'apparition surprise de Nelson Mandela, héros de la lutte anti-apartheid et premier président noir du pays, qui a électrisé la foule. Vêtu d'un t-shirt noir et jaune, aux couleurs du parti, le Prix Nobel de la Paix, dont les apparitions publiques sont de plus en plus rares, a été longuement acclamé. A tel point que sa présence a quasiment éclipsé celle de Jacob Zuma.
Malgré l'apparition du Congrès du Peuple (Cope), formé en décembre par des dissidents de l'ANC, aucune opposition crédible ne menace l'ancien mouvement de lutte contre l'apartheid qui jouit toujours d'une forte légitimité auprès de la majorité noire. Son chef, le controversé Jacob Zuma, inquiété à plusieurs reprises ar la justice, devrait donc logiquement être élu à la présidence de la République par les députés issus du scrutin de mercredi.
08:34 Ecrit par EUROBERBERE dans Afrique du Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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