31.03.2009
A Doha, Omar
A Doha, Omar Al-Bachir défie la CPI

Le sommet arabe de Doha qui a débuté, lundi 30 mars, s'annonce riche en rebondissements. En raison d'abord de la présence du président soudanais, Omar Al-Bachir, qui a bravé la Cour pénale internationale (CPI), en assistant au sommet, malgré un mandat d'arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité qui pèse sur lui.
Il a d'ailleurs appelé les pays arabes à le soutenir contre la CPI. Dans son discours, prononcé lors de la séance d'ouverture du sommet, il a demandé à ses pairs "des résolutions claires et fortes rejetant la décision et réclamant de celui qui l'a ourdi de l'annuler".
De son côté, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a d'emblée lancé un appel au Soudan, et donc au président Bachir qui se trouvait dans la salle, pour qu'il annule l'expulsion du Darfour de treize grandes ONG internationales. Cette expulsion, ainsi que la fermeture de trois ONG locales, avait été décidée par Khartoum en réaction à l'émission le 4 mars par la CPI d'un mandat d'arrêt contre M. Bachir.
Les dirigeants arabes, qui se sont déclarés solidaires de M. Bachir, entendent demander au cours du sommet "l'annulation" du mandat d'arrêt de la CPI. Bachar Al-Assad, le président syrien, a d'ailleurs donné le ton dès son discours, en appelant ses pairs à "rejeter catégoriquement" le mandat d'arrêt. Mais il a surtout privilégié la situation au Proche-Orient. A la veille de l'investiture du gouvernement israélien de Benyamin Nétanyahou, le président syrien a affirmé que cela "ne change rien, parce que leur droite comme leur gauche et le centre (...) reflètent tous une réalité, qui est que la société israélienne n'est pas prête pour la paix", a-t-il dit, affirmant que les Arabes n'ont pas de vrai partenaire dans le processus de paix avec Israël.
L'avenir du plan de paix d'inspiration saoudienne, qu'Israël n'a jamais accepté, figure à l'agenda du sommet de Doha, tout comme la"réconciliation interarabe". La décision du président égyptien, Hosni Moubarak, de boycotter le sommet augure toutefois mal de cette "réconciliation". Outre M. Moubarak, les chefs d'Etat de quatre autres pays – Algérie, Irak, Maroc et Oman– n'ont pas fait le déplacement de Doha. Enfin, fidèle à ses sorties théâtrales, le président libyen, Mouammar Kadhafi, s'est retiré de la séance d'ouverture après avoir interpellé le roi d'Arabie saoudite avec lequel il est en froid depuis des années.
08:54 Ecrit par EUROBERBERE dans A Doha, Omar | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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